Un angle mort de la commission ? – Nicolas Vivant

L’Assemblée nationale examine les enjeux du numérique et de la souveraineté française

Dans le cadre de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur « les dépendances structurelles et les vulnérabilités dans le numérique et les risques pour l’indépendance de la France », plusieurs acteurs du numérique ont été auditionnés. Ces échanges mettent en lumière des problématiques qui vont au-delà des aspects législatifs et financiers.

Les intervenants soulignent que la question centrale demeure humaine. Ceux qui affichent des compétences techniques limitées évoquent souvent la résistance des utilisateurs, mentionnant des habitudes bien ancrées et les coûts élevés associés à la formation et à l’accompagnement nécessaires pour le changement. À l’inverse, les experts ayant une expérience dans la gestion de transformations numériques semblent plus rassurants quant à la faisabilité de ces transitions.

Qui résiste vraiment ?

La résistance semble émaner principalement des Directions des Systèmes d’Information (DSI). Ces services ont pris des habitudes qui freinent l’innovation, remettant en question leur organisation actuelle et leur capacité à mettre en œuvre des projets différents. Edward Jossa, directeur général de l’UGAP, a souligné la nécessité de former les DSI et de réinternaliser certaines compétences, car ce sont eux qui choisissent parmi les logiciels disponibles.

De l’importance du recrutement

Le recrutement dans le secteur technologique tend à privilégier des profils techniques similaires, ce qui peut s’avérer inadapté dans un contexte de migration vers des logiciels libres. Ces logiciels nécessitent des équipes compétentes et motivées pour être pleinement efficaces. Une transition réussie requiert une révision de la politique de recrutement et, potentiellement, une réorganisation des équipes.

Prendre le risque de l’échec

Les défis se posent principalement pour les solutions communes, telles que la messagerie et le cloud. Les équipes ont souvent tendance à intégrer les nouveaux outils dans des systèmes qu’elles maîtrisent déjà, ce qui peut freiner l’innovation. Pourtant, des solutions existent pour gérer ces transitions dans un environnement hybride.

Un angle mort

Ce qui manque dans les discussions actuelles, c’est la reconnaissance que passer au logiciel libre implique un changement organisationnel profond. Les DSI doivent être formés pour naviguer dans cette complexité, et les dispositions législatives pourraient ne pas suffire à préparer les équipes à cette transition.

Il serait pertinent d’explorer ces enjeux en interrogeant ceux qui forment les futurs DSI, qui auront à relever ces défis d’autonomie stratégique dans un contexte géopolitique en évolution.

Source : Assemblée nationale.

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