Colombie : l’armée débarque aux Caraïbes, mais où sont les promesses de paix du président ?
Le fait principal
Le président colombien Abelardo de la Espriella a ordonné l’envoi de troupes à Santa Marta, une ville des Caraïbes, en proie à une violence croissante suite à une opération militaire contre le groupe armé Autodefensas Conquistadoras de la Sierra Nevada (ACSN).
Ce qui s’est passé
Mardi, Santa Marta, une ville de près de 570.000 habitants, a été le théâtre d’une offensive des forces de sécurité qui a coûté la vie à 13 membres de l’ACSN, y compris un de leurs chefs. Cette réaction a engendré une vague de peur parmi la population, avec des commerces fermés et des rumeurs de restrictions imposées par le groupe criminel. Les rues, désertées, témoignent d’une tension palpable, comme l’indique une scientifique locale, qui évoque une « incertitude » grandissante. Des vidéos sur les réseaux sociaux montrent des hommes armés circulant à moto, tirant sur des commerces ouverts. Dans une allocution, le président a menacé ceux qui ne se soumettraient pas à l’autorité militaire, qualifiant leur sort d’ »élimination ».
Le contexte
Abelardo de la Espriella, ex-avocat millionnaire soutenu par l’administration Trump, s’est engagé à lutter contre les groupes armés colombiens, notamment ceux impliqués dans le narcotrafic. Son arrivée au pouvoir en août a été marquée par des frappes aériennes ayant causé de nombreuses pertes, y compris parmi des mineurs. La Colombie, premier producteur mondial de cocaïne, voit son paysage politique et sécuritaire se transformer en un champ de bataille où les promesses de paix semblent s’évanouir.
Les chiffres à retenir
– 570.000 habitants à Santa Marta.- 13 membres du groupe armé tués lors de l’opération militaire.- Des frappes aériennes ordonnées par le président ayant causé des dizaines de morts, y compris des mineurs.
Ce que cela révèle
La militarisation de Santa Marta soulève des questions sur la stratégie du président. Alors qu’il promet de lutter contre la violence, les actions militaires semblent alimenter un cycle de terreur. Les déclarations du président, oscillant entre fermeté et menace, rappellent un discours souvent entendu chez ses homologues de droite, où la force est présentée comme la solution miracle à des problèmes systémiques. La contradiction est frappante : alors que l’on annonce la paix, les bombes tombent et les civils vivent dans la peur.
Ce qu’il faut retenir
Abelardo de la Espriella mise sur la militarisation pour répondre à une crise de violence qui gangrène Santa Marta. Mais entre promesses de paix et réalité du terrain, la situation semble se compliquer, laissant présager un avenir incertain pour les habitants de cette région emblématique des Caraïbes colombiennes.
Source : TV5MONDE
