Châteaux rhénans : la droite décomplexée se prend au jeu du patrimoine, mais à quel prix ?
Le fait principal
Une nouvelle ère s’ouvre pour les châteaux rhénans, avec l’inauguration d’un centre de visiteurs au Haut-Koenigsbourg, le château le plus célèbre de la région. Ce projet, qui s’inscrit dans le cadre d’un partenariat transfrontalier, vise à promouvoir le patrimoine castral de l’Alsace, du Bade-Wurtemberg et de la Suisse.
Ce qui s’est passé
La Collectivité européenne d’Alsace (CEA) et l’Ortenau, dans le Bade-Wurtemberg, ont formalisé leur collaboration pour développer un réseau de 300 châteaux, bien plus nombreux en réalité, à travers un budget de 4,9 millions d’euros, dont 2,9 millions proviennent de l’Union européenne. Ce partenariat, qui a débuté dans les années 2020, se renforce avec une nouvelle phase de financement de 3 millions d’euros pour 2026-2029, dont 1,6 million d’euros de fonds européens de développement régional (Feder).
Le contexte
Ce projet de mise en valeur du patrimoine castral intervient dans un contexte où le tourisme est un enjeu économique majeur. Avec près de 600 000 visiteurs annuels, le Haut-Koenigsbourg se positionne comme un phare du tourisme culturel. Frédéric Bierry, président de la CEA, aspire à faire rayonner ces châteaux autant que ceux de la Loire, soulignant ainsi le potentiel de cet héritage transfrontalier.
Les chiffres à retenir
– 600 000 entrées annuelles au Haut-Koenigsbourg.- Budget total de 4,9 millions d’euros pour la phase précédente (2023-2025).- 2,9 millions d’euros apportés par l’Union européenne.- Budget de 3 millions d’euros pour la phase actuelle (2026-2029).- 1,6 million d’euros de fonds Feder pour le nouveau financement.
Ce que cela révèle
Dans un monde où l’extrême droite prône souvent la fermeture des frontières et la mise en avant d’un patrimoine « pur », ce projet de coopération transfrontalière semble défier ces idées. La promotion d’un réseau de châteaux au-delà des frontières montre que le patrimoine culturel ne connaît pas de limites. Ironiquement, les discours nationalistes se heurtent ici à la réalité d’un héritage partagé, révélant ainsi les contradictions inhérentes aux discours de certains partis politiques. Le RN, qui se veut le champion de la défense des « valeurs françaises », pourrait bien se retrouver à la traîne face à une initiative qui célèbre la diversité et l’unité européenne.
Ce qu’il faut retenir
Le développement des châteaux rhénans, soutenu par des fonds européens, est un symbole fort d’un patrimoine partagé et d’une coopération transfrontalière. Dans un contexte où les idées nationalistes prennent de l’ampleur, cette initiative rappelle que le patrimoine culturel est avant tout un bien commun, transcendant les clivages politiques et géographiques.
Source : DNA
