Chasse aux canards ou silence des oiseaux : la LPO dénonce l’irresponsabilité du gouvernement français
Le fait principal
La Ligue de protection des oiseaux (LPO) demande le report de l’ouverture de la chasse aux gibiers d’eau, prévue le 21 août, face à une situation environnementale alarmante dans l’Eure, où la sécheresse et les incendies ont décimé les habitats naturels.
Ce qui s’est passé
Dans une mare asséchée de l’Eure, Jean-Pierre Frodello, directeur de la LPO de Normandie, déplore l’absence totale d’oiseaux. « Il n’y a aucun son. Il n’y a aucun oiseau qui chante, » constate-t-il, soulignant l’impact dévastateur de la sécheresse sur la faune locale. Alors que la chasse aux oiseaux d’eau doit commencer dans quelques jours, la LPO exhorte à la prudence, plaidant pour un report au 27 septembre pour permettre aux espèces de se remettre de cette crise. En réponse, Nicolas Gavard-Gongallud, directeur de la Fédération des chasseurs de l’Eure, se dit confiant dans la réglementation actuelle, affirmant que « l’état de santé des oiseaux ne paraît pas inquiétant. » Pourtant, la majorité des habitants de Pont-Audemer semblent comprendre la demande de la LPO, y compris certains chasseurs, qui reconnaissent l’absurdité de chasser dans un environnement déjà affaibli.
Le contexte
La situation dans l’Eure est le reflet d’une crise écologique plus large, exacerbée par des canicules répétées. La perte de zones humides, essentielles pour les oiseaux d’eau, est alarmante. En parallèle, une pétition en ligne contre la chasse, qui a recueilli près de 500 000 signatures, témoigne d’une mobilisation citoyenne face à l’urgence environnementale.
Les chiffres à retenir
– 500 000 signatures pour la pétition demandant l’interdiction de la chasse dans les zones touchées par les incendies.- La date d’ouverture de la chasse aux gibiers d’eau est fixée au 21 août, avec une demande de report au 27 septembre.
Ce que cela révèle
Ce débat met en lumière une contradiction flagrante : alors que la nature crie famine, certains veulent continuer à tirer sur ce qui reste de la faune. La préfecture de l’Eure, quant à elle, ne semble pas pressée d’agir, laissant entendre que la réglementation actuelle suffirait à protéger les oiseaux. Une position qui, à la lumière des faits, apparaît plus comme un déni que comme une réelle prise de conscience environnementale.
Ce qu’il faut retenir
En somme, la situation dans l’Eure est un révélateur des tensions entre tradition et écologie. Alors que les oiseaux se meurent, certains préfèrent voir leurs fusils comme des outils de régulation plutôt que comme des instruments de destruction. La question reste ouverte : jusqu’où ira-t-on dans l’indifférence face à la nature qui s’éteint ?
Source : Franceinfo
