
Charroux : le parcours rocambolesque d’un tableau révolutionnaire
Le tableau historique d’André Brouillet, La Marche des femmes du 5 octobre 1789 pour demander du pain à Versailles, sera installé dans la salle du Conseil municipal à Charroux et sera visible lors des Journées européennes du patrimoine. Ce retour soulève une histoire singulière.
La construction de l’hôtel de ville de Poitiers a été achevée en 1875, incitant la Ville à commander des œuvres pour décorer le nouvel édifice. En 1882, André Brouillet, originaire de Charroux, propose sa peinture historique, mesurant environ 4 mètres par 3. Cette œuvre met en avant Anne-Josèphe Théroigne de Méricourt, figure emblématique de la Révolution, vêtue de rouge et brandissant l’étendard de Paris. Cependant, son tableau est écarté au profit d’une œuvre de Jean Brunet (1848-1917).
Après 1882, la trace de cette peinture se perd. En 2001, Jacques Saint-Just, ayant droit d’André Brouillet, découvre que le tableau est en vente chez un antiquaire à Los Angeles, et il est acquis par le collectionneur Gary Clark Fink. L’histoire prend un tournant en 2025, lorsque le tableau réapparaît lors d’une vente aux enchères à Minneapolis – Saint-Paul. Jean-Michel Mercier, maire de La Chapelle-Bâton, alerte Jacques Saint-Just sur la situation. N’ayant pas trouvé preneur, les deux passionnés de Brouillet s’organisent pour le retour de l’œuvre en France. Face à l’absence d’intérêt du musée de Poitiers, Jean-Michel Mercier et Louis Surreaux, adjoint au maire de Charroux, proposent de ramener la peinture sur les terres natales de l’artiste.
Le tableau arrive en France, roulé dans un tube de carton, atterrissant d’abord à Roissy puis à Senlis, dans l’atelier du restaurateur Alain Bouchardon. Ce dernier effectue une restauration minutieuse pour assurer la solidité de la toile. Le 16 avril, la toile arrive à La Chapelle-Bâton, mais la mairie ne dispose pas d’un espace adéquat. Louis Surreaux suggère alors de l’installer dans la salle du Conseil municipal à Charroux, à proximité de la maison natale du peintre. Bien que cette histoire semble se clore, des rumeurs circulent sur l’arrivée potentielle d’une autre œuvre d’André Brouillet à Charroux.
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