Charleroi : quand l’uniformité policière ignore les réalités locales, vive l’absurde !
Le fait principal
La commune de Courcelles a fermement rejeté l’idée d’une fusion des zones de police de Charleroi Métropole, une proposition avancée par le bourgmestre socialiste de Charleroi, Thomas Dermine. Caroline Taquin, la bourgmestre courcelloise, a déclaré qu’« aucune réunion, aucune étude, aucun groupe de travail ne seront acceptés à ce sujet ».
Ce qui s’est passé
Lors d’un conseil communal sur la sécurité, Thomas Dermine a suggéré de fusionner les zones de police de Charleroi avec celles de plusieurs communes voisines, notamment Trieux, Brunau, Germinalt et Aiseau-Presles/Châtelet/Farciennes. Selon lui, cette fusion permettrait une meilleure mutualisation des moyens. En revanche, Caroline Taquin a rétorqué que cette initiative ne ferait qu’aggraver les problèmes de recrutement et d’organisation de la police à Charleroi, affirmant qu’« une fusion n’apporte aucun policier supplémentaire ».
Le contexte
La fusion des zones de police est un sujet sensible en Belgique, particulièrement après l’exemple bruxellois, où une telle fusion a été qualifiée d’« exception légale justifiée par la spécificité de la capitale ». Ironiquement, le PS, dont fait partie Dermine, avait voté contre la fusion bruxelloise, considérant qu’elle « écrase les petites communes ». Ce retournement de position soulève des questions sur la cohérence de la démarche de Dermine.
Les chiffres à retenir
Environ 180 zones de police locales pourraient être réduites à une soixantaine, selon les souhaits du ministre de l’Intérieur, Bernad Quintin. Ce dernier a souligné que la fragmentation actuelle nuit à la sécurité. À Liège et Herstal, les bourgmestres socialistes ont déjà commencé à explorer cette option, justifiant la fusion par des raisons administratives et de mobilité.
Ce que cela révèle
La situation à Charleroi met en lumière un double discours au sein du PS. D’une part, on critique les fusions dans la capitale, et d’autre part, on propose une approche similaire pour les communes environnantes, sans cadre légal. Caroline Taquin n’hésite pas à dénoncer cette incohérence, soulignant que les réalités carolos nécessitent des réponses spécifiques à Charleroi, plutôt qu’une solution de facilité.
Ce qu’il faut retenir
La fusion des zones de police à Charleroi semble être un projet encore loin d’un consensus. Entre les promesses d’efficacité et les réalités du terrain, les enjeux de sécurité publique se heurtent à des ambitions politiques souvent contradictoires. La question reste ouverte : qui défend réellement les intérêts des petites communes face à la centralisation des pouvoirs ?
(Avec Belga)
