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C’est un avis qui a fait relativement peu de bruit, rendu le 12 mars par le Comité des droits humains des Nations unies. Il concerne le Cameroun et surtout, Marafa Hamidou Yaya, ex-Secrétaire général à la présidence, détenu à Yaoundé depuis 14 ans, car condamné en 2012 pour « complicité de détournement d’argent public ». Cet avis non contraignant est une étape de plus dans le suivi par l’organisation basée en Suisse d’une plainte déposée par Marafa en 2020, et complétée par ce dernier en 2025.
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Cadre légal de l’arrestation, conditions de détention, règles pour un procès impartial et équitable : le Comité des droits humains de l’ONU, basé à Genève, conclut que plusieurs droits de Marafa Hamidou Yaya ont été violés.
Des droits violés dans le cadre de son arrestation, sa détention et son procès. Des droits garantis en principe par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, ratifié par le Cameroun.
Le Comité estime que Yaoundé est « tenu […] d’assurer la libération immédiate » de Marafa Hamidou Yaya et « de lui accorder, une indemnisation adéquate, notamment au regard des conséquences de la détention sur sa santé physique et mentale ».
L’exécutif doit respecter les décisions de justice, réplique Yaoundé
L’ancien membre du bureau politique du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), âgé de 74 ans, se dit depuis toujours victime d’une condamnation pour « des raisons politiques » et affirme avoir perdu la vue de son œil droit et risquer de perdre celle du gauche.
En 2016, le groupe de travail des Nations unies avait qualifié sa détention d’arbitraire. Et, dans l’avis rendu le mois dernier, le Comité des droits humains rappelle et le regrette : Yaoundé n’a pas répondu « en temps utile » aux demandes d’informations formulées en 2023 et 2025.
Le Comité « demande » au Cameroun « dans un délai de 180 jours » – soit début septembre – « des informations sur les mesures prises pour donner effet à ses observations ».
Yaoundé est « également prié » par le Comité « de publier (ces) observations et de les diffuser largement dans les langues officielles du Cameroun ».
À Yaoundé, une source proche du gouvernement rappelle que la condamnation de Marafa Hamidou Yaya a été entérinée par la Cour suprême et que l’exécutif est tenu de respecter les décisions de la justice nationale.
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Le 12 mars dernier, le Comité des droits humains des Nations unies a rendu un avis qui, étonnamment, a fait peu de bruit. Cet avis concerne Marafa Hamidou Yaya, ex-Secrétaire général à la présidence du Cameroun, incarcéré à Yaoundé depuis 14 ans pour « complicité de détournement d’argent public ». Une condamnation qui, selon lui, n’est rien d’autre qu’un règlement de comptes politique. Mais qui a besoin de bruit quand on peut ignorer les droits humains avec une telle aisance ?
Ce qui se passe réellement
Le Comité des droits humains de l’ONU a conclu que plusieurs droits de Marafa ont été violés, notamment ceux relatifs à son arrestation, sa détention et son procès. Des droits, rappelons-le, garantis par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, que le Cameroun a pourtant ratifié. Le Comité exige que Yaoundé « assure la libération immédiate » de Marafa et lui accorde une indemnisation adéquate pour les conséquences de sa détention sur sa santé. Mais qui a dit que le gouvernement camerounais se souciait des conventions internationales ?
Pourquoi cela dérange
Marafa, âgé de 74 ans, se dit victime d’une condamnation politique. En 2016, le groupe de travail des Nations unies avait déjà qualifié sa détention d’arbitraire. Pourtant, le gouvernement camerounais, fidèle à lui-même, répond que la condamnation a été entérinée par la Cour suprême. Une belle manière de dire que la justice nationale a le droit d’être aveugle, tant qu’elle reste dans le droit chemin du pouvoir.
Ce que cela implique concrètement
Le Comité a demandé au Cameroun de fournir des informations sur les mesures prises pour donner effet à ses observations dans un délai de 180 jours. En attendant, Marafa continue de croupir en prison, avec des problèmes de santé qui s’aggravent. Une situation qui soulève des questions sur le respect des droits humains dans un pays où le silence est d’or, surtout quand il s’agit de rendre des comptes.
Lecture satirique
Le gouvernement camerounais, en jouant la carte de l’indifférence, semble avoir oublié que les droits humains ne sont pas un buffet à volonté. On pourrait presque croire que les autorités se sont inscrites à un concours de « qui peut ignorer le plus longtemps les droits fondamentaux ? ». Et pendant ce temps, Marafa attend, comme un enfant dans un magasin de bonbons, mais sans jamais pouvoir en goûter un seul.
Effet miroir international
Si l’on regarde au-delà des frontières, on ne peut s’empêcher de faire le parallèle avec d’autres régimes autoritaires, que ce soit en Russie ou aux États-Unis, où les droits humains sont souvent mis de côté au nom de la sécurité nationale. L’ironie est que ces pays se présentent comme des champions des droits de l’homme, tout en gardant leurs propres Marafa dans l’ombre.
À quoi s’attendre
Si le Cameroun continue sur cette voie, il est à craindre que la situation de Marafa ne fasse qu’empirer. Les promesses de libération et d’indemnisation risquent de rester lettre morte, tout comme les cris de désespoir de ceux qui osent dénoncer les abus.
Sources





