Six semaines après le passage du cyclone Chido, les 117 000 élèves de Mayotte reprennent progressivement le chemin de l’école à partir de ce lundi 27 janvier 2025, mais certains enseignants et parents jugent cette reprise trop prématurée.

Rentrée scolaire bienvenue ou fiasco annoncé ? Six semaines après le passage du cyclone Chido, les 117 000 élèves de Mayotte retournent progressivement en cours à partir de ce lundi, dans des conditions jugées trop hâtives par certains enseignants et parents d’élèves.

La rentrée des élèves, prévue initialement le 13 janvier dans l’archipel français de l’océan Indien, avait d’abord été décalée au 20, puis au 27 pour faire face aux dégâts causés par le cyclone. Lundi dernier, ce sont les enseignants qui ont fait leur rentrée, pour découvrir des établissements parfois ravagés et inutilisables.

Malgré des appels à un nouveau report, l’académie de Mayotte a maintenu la rentrée à lundi dans le département le plus jeune de France, où plus de la moitié de la population a moins de 18 ans. Un moyen de garder le contact avec les élèves et de ne pas compromettre les chances de ceux ayant des examens, selon elle.

Mais tout le monde n’est pas sur la même longueur d’ondes. Lors d’une conférence de presse à l’Assemblée nationale jeudi, la présidente de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) de Mayotte Adda Fatihoussoundi a jugé la rentrée « trop prématurée ».

« C’est le flou total, on ne peut pas dire combien d’enfants seront là », a-t-elle regretté, estimant que les conditions de sécurité n’étaient pas garanties dans toutes les écoles.

Elisabeth Borne, la ministre de l’Education, doit se rendre à Mayotte la semaine prochaine mais les contours et les dates de son déplacement n’ont pas encore été fixés. Son collègue des Outre-mer, Manuel Valls, y sera pour sa part jeudi et vendredi, a annoncé son cabinet.

Défendant le projet de loi d’urgence pour Mayotte à l’Assemblée cette semaine, Manuel Valls a reconnu que la rentrée « sera progressive, complexe, difficile, avec des modalités adaptées ».

Dégâts et départs

Quelque 30 % des établissements scolaires sont inutilisables, selon les données du rectorat, laissant nombre de professeurs dubitatifs.

Jeudi, une manifestation dénonçant le « bricolage » de la rentrée a réuni environ 300 professeurs à Mamoudzou, le chef-lieu de Mayotte, selon les enseignants.

Au collège de Mtsamboro, dans le nord-ouest de Mayotte, seules 14 salles sur 32 sont utilisables, selon un professeur souhaitant rester anonyme.

La rentrée n’aura donc pas lieu lundi mais « nous accueillerons un niveau par jour de mercredi à samedi », explique ce professeur. Avec plus d’heures accordées aux troisièmes, qui passent le brevet cette année.

Au lycée général et professionnel de Kahani (centre), les dégâts sont moins importants mais les emplois du temps seront également aménagés. Les cours reprendront lundi uniquement pour les « classes à examen », qui sont prioritaires, selon des insructions du rectorat.

La situation varie fortement selon les établissements. « Certains ont 10 % de leur bâti touché, d’autres 80 %, mais aucun d’entre eux n’a été totalement épargné », estime Bruno Dezile, le secrétaire départemental de la CGT Educ’action, qui alerte aussi sur les « pillages » et les « nombreuses intrusions » qui ont touché des établissements après la tempête.

Les professeurs s’interrogent sur l’état dans lequel ils retrouveront leurs élèves mais aussi combien d’entre eux ils reverront. Certains parents comme Antoine Mohamadi, un habitant de Chiconi (centre), ont fait le choix de scolariser leur enfant en métropole.

Sa fille de 14 ans, en classe de 3e, vient d’intégrer un collège d’Alençon (Orne) où réside déjà son aînée. « En tant que parent, c’est une décision qui n’est pas simple à prendre mais il faut bien qu’elle aille à l’école. Ici, elle serait restée à la maison », estime le père de 50 ans, qui assure connaître d’autres familles ayant pris la même décision.

Reste une autre interrogation : l’absentéisme des professeurs, dont certains ont vu leur logement détruit par Chido. La semaine dernière, le recteur Jacques Mikulovic s’est dit persuadé qu’une « grosse majorité d’enseignants » répondront présent.

Mais « plusieurs collègues titulaires ne veulent plus venir. Le ras-le-bol est général […] et je pense que le plus dur est devant nous », estime Bruno Dezile.

Dernier établissement occupé par environ 600 sinistrés du cyclone, en majorité des migrants d’Afrique des Grands Lacs, le collège de Kwalé, à Tsoundzou, a lui commencé vendredi à être évacué.

Rentrée scolaire à Mayotte : un fiasco annoncé sous le ciel de Chido

Six semaines après le cyclone Chido, 117 000 élèves de Mayotte reprennent l’école dans des conditions jugées précipitées, suscitant l’inquiétude des enseignants et des parents.

Rentrée scolaire bienvenue ou fiasco annoncé ? Six semaines après le passage du cyclone Chido, les 117 000 élèves de Mayotte retournent progressivement en cours à partir de ce lundi, dans des conditions jugées trop hâtives par certains enseignants et parents d’élèves.

Ce qui se passe réellement

La rentrée des élèves, prévue initialement le 13 janvier dans l’archipel français de l’océan Indien, avait d’abord été décalée au 20, puis au 27 pour faire face aux dégâts causés par le cyclone. Lundi dernier, ce sont les enseignants qui ont fait leur rentrée, pour découvrir des établissements parfois ravagés et inutilisables.

Malgré des appels à un nouveau report, l’académie de Mayotte a maintenu la rentrée à lundi dans le département le plus jeune de France, où plus de la moitié de la population a moins de 18 ans. Un moyen de garder le contact avec les élèves et de ne pas compromettre les chances de ceux ayant des examens, selon elle.

Mais tout le monde n’est pas sur la même longueur d’ondes. Lors d’une conférence de presse à l’Assemblée nationale jeudi, la présidente de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) de Mayotte, Adda Fatihoussoundi, a jugé la rentrée « trop prématurée ».

« C’est le flou total, on ne peut pas dire combien d’enfants seront là », a-t-elle regretté, estimant que les conditions de sécurité n’étaient pas garanties dans toutes les écoles.

Elisabeth Borne, la ministre de l’Éducation, doit se rendre à Mayotte la semaine prochaine, mais les contours et les dates de son déplacement n’ont pas encore été fixés. Son collègue des Outre-mer, Manuel Valls, y sera pour sa part jeudi et vendredi, a annoncé son cabinet.

Défendant le projet de loi d’urgence pour Mayotte à l’Assemblée cette semaine, Manuel Valls a reconnu que la rentrée « sera progressive, complexe, difficile, avec des modalités adaptées ».

Dégâts et départs

Quelque 30 % des établissements scolaires sont inutilisables, selon les données du rectorat, laissant nombre de professeurs dubitatifs.

Jeudi, une manifestation dénonçant le « bricolage » de la rentrée a réuni environ 300 professeurs à Mamoudzou, le chef-lieu de Mayotte, selon les enseignants.

Au collège de Mtsamboro, dans le nord-ouest de Mayotte, seules 14 salles sur 32 sont utilisables, selon un professeur souhaitant rester anonyme.

La rentrée n’aura donc pas lieu lundi, mais « nous accueillerons un niveau par jour de mercredi à samedi », explique ce professeur. Avec plus d’heures accordées aux troisièmes, qui passent le brevet cette année.

Au lycée général et professionnel de Kahani (centre), les dégâts sont moins importants, mais les emplois du temps seront également aménagés. Les cours reprendront lundi uniquement pour les « classes à examen », qui sont prioritaires, selon des instructions du rectorat.

La situation varie fortement selon les établissements. « Certains ont 10 % de leur bâti touché, d’autres 80 %, mais aucun d’entre eux n’a été totalement épargné », estime Bruno Dezile, le secrétaire départemental de la CGT Educ’action, qui alerte aussi sur les « pillages » et les « nombreuses intrusions » qui ont touché des établissements après la tempête.

Les professeurs s’interrogent sur l’état dans lequel ils retrouveront leurs élèves, mais aussi combien d’entre eux ils reverront. Certains parents, comme Antoine Mohamadi, un habitant de Chiconi (centre), ont fait le choix de scolariser leur enfant en métropole.

Sa fille de 14 ans, en classe de 3e, vient d’intégrer un collège d’Alençon (Orne) où réside déjà son aînée. « En tant que parent, c’est une décision qui n’est pas simple à prendre, mais il faut bien qu’elle aille à l’école. Ici, elle serait restée à la maison », estime le père de 50 ans, qui assure connaître d’autres familles ayant pris la même décision.

Reste une autre interrogation : l’absentéisme des professeurs, dont certains ont vu leur logement détruit par Chido. La semaine dernière, le recteur Jacques Mikulovic s’est dit persuadé qu’une « grosse majorité d’enseignants » répondront présent.

Mais « plusieurs collègues titulaires ne veulent plus venir. Le ras-le-bol est général […] et je pense que le plus dur est devant nous », estime Bruno Dezile.

Dernier établissement occupé par environ 600 sinistrés du cyclone, en majorité des migrants d’Afrique des Grands Lacs, le collège de Kwalé, à Tsoundzou, a lui commencé vendredi à être évacué.

Pourquoi cela dérange

Cette précipitation à rouvrir les écoles, alors que 30 % des établissements sont inutilisables, soulève des questions sur la capacité des autorités à gérer une crise. La promesse d’une rentrée « adaptée » semble plus une tentative de maintenir une façade qu’un véritable souci pour la sécurité et le bien-être des élèves.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences directes de cette rentrée chaotique sont multiples : des élèves potentiellement en danger, des enseignants démoralisés et une communauté qui se divise entre ceux qui restent et ceux qui partent. La promesse d’un retour à la normale se heurte à la réalité des destructions.

Lecture satirique

Il est fascinant de voir comment les discours politiques se heurtent à la réalité. Pendant que Manuel Valls parle de « modalités adaptées », les enseignants se demandent s’ils auront des salles de classe où enseigner. C’est un peu comme si l’on promettait une croisière sur un paquebot, alors que le navire est déjà au fond de l’océan.

Effet miroir international

Cette situation rappelle les dérives autoritaires ailleurs dans le monde, où les gouvernements prennent des décisions sans tenir compte des réalités du terrain. Que ce soit en Russie ou aux États-Unis, les promesses de sécurité et de prospérité sont souvent déconnectées des conditions réelles vécues par les citoyens. À Mayotte, la leçon est claire : la réalité ne se plie pas aux discours.

À quoi s’attendre

À l’avenir, il est probable que l’absentéisme des enseignants augmente, que les élèves continuent de fuir vers la métropole et que la communauté éducative se retrouve de plus en plus isolée. La promesse d’une rentrée réussie pourrait bien se transformer en un cauchemar éducatif.

Sources

Source : www.midilibre.fr

C’est le flou total : une semaine après les professeurs, les élèves à Mayotte font leur rentrée ce lundi dans des conditions'trop hâtives'
Visuel — Source : www.midilibre.fr
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