Bruno Retailleau et l’économie des pleins : 8,5 euros d’économies ou un plein de mensonges ?
Le fait principal
Alors que les prix à la pompe atteignent des sommets inédits, Bruno Retailleau, candidat des Républicains à la présidentielle, affirme qu’une suppression des certificats d’économie d’énergie (CEE) pourrait permettre une économie de « 8,5 euros par plein ». Une déclaration qui mérite d’être examinée de près.
Ce qui s’est passé
Face à la flambée des prix des carburants, Retailleau propose de mettre fin à ce dispositif créé en 2005, qui finance la transition écologique. Selon lui, les CEE, qui pèsent jusqu’à 17 centimes par litre, représentent une « taxe cachée » qui affecte le pouvoir d’achat des Français. Ce chiffre de 8,5 euros se base sur un plein moyen de 50 litres, à 17 centimes le litre, soit une estimation qui semble, sur le papier, séduisante.
Le contexte
Les CEE sont un mécanisme destiné à encourager les économies d’énergie dans divers secteurs, financé par les fournisseurs d’énergie et de carburant. En 2026, l’enveloppe totale pour ce dispositif atteint 8 milliards d’euros, une hausse de 27 % par rapport à l’année précédente. Ces certificats permettent de financer des rénovations énergétiques, mais leur coût est répercuté sur les consommateurs via le prix des carburants.
Les chiffres à retenir
- 8,5 euros d’économie par plein selon Retailleau.
- Les CEE pèsent entre 15 et 17 centimes par litre.
- Chaque ménage a contribué à hauteur de 164 euros en moyenne en 2023 pour financer les CEE.
- 8 milliards d’euros pour le dispositif en 2026, une augmentation significative.
Ce que cela révèle
La proposition de Retailleau soulève des questions : supprimer les CEE entraînerait une baisse des prix à la pompe, mais à quel coût pour la transition écologique ? Les aides à la rénovation, essentielles pour atteindre les objectifs climatiques, risqueraient de disparaître. Thierry Bros, économiste spécialiste en énergie, souligne qu’annuler les CEE sans alternative viable ne serait qu’une promesse en l’air. Une belle formule, mais qui aurait des conséquences désastreuses pour l’environnement.
Ce qu’il faut retenir
En somme, la promesse de Retailleau pourrait séduire, mais elle repose sur une vision à court terme, omettant les enjeux cruciaux de la transition énergétique. Les CEE, loin d’être une simple « taxe cachée », sont un levier indispensable pour un avenir durable. À l’heure où les prix du carburant explosent, il serait peut-être plus sage de réfléchir à des solutions durables plutôt que de céder à la facilité.
Sources : Franceinfo, ministère de l’Énergie, Cour des comptes.
