Libéré sous pression diplomatique après près d’un an de détention arbitraire, Boualem Sansal ne range pas sa plume. Il engage une procédure judiciaire internationale contre le président algérien un acte de résistance qui résonne bien au-delà de son seul cas, et que les peuples sous le joug d’Alger suivront de près.
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Le régime algérien pensait peut-être en avoir fini avec Boualem Sansal en lui accordant une grâce présidentielle. C’était mal connaître l’homme. Depuis les tribunes de l’Assemblée nationale française, l’écrivain de 81 ans a annoncé qu’il portait son combat devant la justice internationale et que c’est Abdelmadjid Tebboune lui-même qu’il visait.
Ce qui frappe dans cette démarche, c’est sa cohérence. Sansal affirme avoir prévenu le président algérien depuis sa cellule : la libération ne serait pas une fin, mais un commencement. Pas de soumission, pas de gratitude feinte. La même ligne que tient depuis des décennies, face à ce même régime, une grande partie du peuple kabyle.
Ce que dit cette affaire aux Kabyles
Les accusations portées contre Sansal terrorisme, espionnage, atteinte à la sûreté de l’État sont les mêmes que celles brandies contre des militants kabyles, des journalistes, des défenseurs de la culture amazighe. Le régime a un répertoire. Il l’applique à quiconque refuse de se taire.
L’écrivain estime n’avoir jamais comparu devant une juridiction digne de ce nom. Pas d’avocats libres d’exercer, pas d’observateurs internationaux, pas de procès équitable. Ce constat que connaissent bien les familles de détenus politiques kabyles prend ici une dimension publique et internationale que le régime ne peut ignorer.
Sansal a également exprimé sa solidarité avec Christophe Gleizes, journaliste sportif français emprisonné en Algérie depuis mai 2024 et condamné à sept ans pour des motifs tout aussi contestables. Ce faisant, il dessine une image d’ensemble : celle d’un État qui utilise ses prisons comme instrument politique contre toute voix discordante française, kabyle ou autre.
Un schéma bien connu
| Arrestation arbitraire | Utilisée contre écrivains, militants kabyles, journalistes |
| Accusations génériques | Terrorisme, espionnage : des étiquettes sans dossier solide |
| Procès verrouillé | Ni défense libre, ni observateurs, ni transparence |
| Grâce comme sortie | Pour éviter un procès international : pas par clémence |
Repères chronologiques
| Mai 2024 | Arrestation de Boualem Sansal à son arrivée en Algérie |
| Fin 2024 | Condamnation à cinq ans de prison pour diverses accusations |
| Nov. 2024 | Grâce présidentielle accordée par Tebboune, sous pression diplomatique |
| Avr. 2026 | Annonce publique d’une procédure judiciaire internationale |
Sa libération par voie de grâce présidentielle reste, à ses yeux, une issue profondément insatisfaisante. Les démarches diplomatiques qui ont conduit à sa remise en liberté initiées notamment par son ancien éditeur ne correspondent pas, selon lui, à la posture de résistance qu’il dit avoir maintenue face au régime.
Dans cette même déclaration, Sansal a tenu à évoquer le sort de Christophe Gleizes, journaliste sportif français incarcéré en Algérie depuis mai 2024 et condamné à sept ans de prison pour des motifs similairement contestés. Un geste de solidarité qui élargit son combat au-delà de son cas personnel.
Ce que vit Boualem Sansal, la prison politique, le procès sans garanties, la pression au silence, est le quotidien de nombreux détenus kabyles aujourd’hui derrière les barreaux algériens. Son combat judiciaire international pourrait ouvrir une brèche. Nous le suivrons.
Sources : AFP
Boualem Sansal : L’écrivain qui refuse de plier sous le joug algérien
Libéré sous pression diplomatique, Boualem Sansal ne se contente pas de sa grâce présidentielle : il attaque le président algérien en justice. Un acte de défi qui pourrait bien faire trembler les murs du pouvoir à Alger.
Libéré sous pression diplomatique après près d’un an de détention arbitraire, Boualem Sansal ne range pas sa plume. Il engage une procédure judiciaire internationale contre le président algérien, un acte de résistance qui résonne bien au-delà de son seul cas, et que les peuples sous le joug d’Alger suivront de près.
Le régime algérien pensait peut-être en avoir fini avec Boualem Sansal en lui accordant une grâce présidentielle. C’était mal connaître l’homme. Depuis les tribunes de l’Assemblée nationale française, l’écrivain de 81 ans a annoncé qu’il portait son combat devant la justice internationale et que c’est Abdelmadjid Tebboune lui-même qu’il visait.
Ce qui se passe réellement
Ce qui frappe dans cette démarche, c’est sa cohérence. Sansal affirme avoir prévenu le président algérien depuis sa cellule : la libération ne serait pas une fin, mais un commencement. Pas de soumission, pas de gratitude feinte. La même ligne que tient depuis des décennies, face à ce même régime, une grande partie du peuple kabyle.
Ce que dit cette affaire aux Kabyles
Les accusations portées contre Sansal — terrorisme, espionnage, atteinte à la sûreté de l’État — sont les mêmes que celles brandies contre des militants kabyles, des journalistes, des défenseurs de la culture amazighe. Le régime a un répertoire. Il l’applique à quiconque refuse de se taire.
L’écrivain estime n’avoir jamais comparu devant une juridiction digne de ce nom. Pas d’avocats libres d’exercer, pas d’observateurs internationaux, pas de procès équitable. Ce constat que connaissent bien les familles de détenus politiques kabyles prend ici une dimension publique et internationale que le régime ne peut ignorer.
Pourquoi cela dérange
Sansal a également exprimé sa solidarité avec Christophe Gleizes, journaliste sportif français emprisonné en Algérie depuis mai 2024 et condamné à sept ans pour des motifs tout aussi contestables. Ce faisant, il dessine une image d’ensemble : celle d’un État qui utilise ses prisons comme instrument politique contre toute voix discordante, qu’elle soit française, kabyle ou autre.
Ce que cela implique concrètement
| Arrestation arbitraire | Utilisée contre écrivains, militants kabyles, journalistes |
| Accusations génériques | Terrorisme, espionnage : des étiquettes sans dossier solide |
| Procès verrouillé | Ni défense libre, ni observateurs, ni transparence |
| Grâce comme sortie | Pour éviter un procès international : pas par clémence |
Lecture satirique
La grâce présidentielle accordée à Sansal, loin d’être un acte de clémence, ressemble davantage à une tentative désespérée d’éviter un embarras international. Le régime algérien, qui se targue de défendre l’État de droit, semble plutôt jouer à cache-cache avec la réalité. En effet, quelle meilleure façon de montrer son ouverture qu’en libérant un écrivain sous pression, tout en continuant à emprisonner d’autres voix critiques ?
Effet miroir international
Ce schéma n’est pas sans rappeler les dérives autoritaires ailleurs, que ce soit en Russie ou aux États-Unis, où les dissidents sont souvent réduits au silence par des accusations vagues et des procès biaisés. Le parallèle est frappant : des régimes qui prétendent défendre la démocratie tout en muselant ceux qui osent s’opposer à eux.
À quoi s’attendre
Le combat judiciaire international de Sansal pourrait ouvrir une brèche, mais il est difficile de dire si cela suffira à faire trembler le régime algérien. Ce qui est certain, c’est que son courage inspire de nombreux Algériens et Kabyles, qui voient en lui un symbole de résistance.
Sources




