Bolivie: la poursuite des manifestations contre le président inquiète de nombreux secteurs économiques

Bolivie : Les manifestations contre le président Rodrigo Paz persistent, inquiétude économique croissante

Des milliers de personnes ont manifesté à nouveau vendredi 22 mai à La Paz, la capitale bolivienne, pour demander la démission du président de centre droit, Rodrigo Paz. Malgré l’annonce d’un remaniement ministériel, la colère des manifestants ne faiblit pas, et les opérations de blocage des routes se poursuivent à travers le pays. Cette crise sociale suscite des inquiétudes parmi divers secteurs économiques, qui craignent des millions de dollars de pertes et une détérioration de l’image de la Bolivie.

La chambre nationale d’industrie a estimé que les pertes économiques dues aux blocages routiers, qui durent depuis près de trois semaines, s’élèvent à environ 600 millions de dollars. Selon l’économiste Luis Fernando Romero, ce chiffre pourrait être sous-estimé, car 80 % de l’économie bolivienne est informelle. Romero estime que les pertes pourraient atteindre un milliard de dollars si l’on considère tous les secteurs, formels et informels. Il souligne également que même si les blocages cessaient rapidement, les problèmes économiques persisteraient, notamment pour le tourisme, l’agroalimentaire et le commerce, qui pourraient mettre de trois à douze mois à retrouver leur normalité.

La capitale administrative, épicentre de la contestation, est paralysée par des barrages routiers, entraînant des pénuries de nourriture, de carburant et de médicaments. Rodrigo Paz, au pouvoir depuis seulement six mois, fait face à la pire crise économique que le pays ait connue depuis les années 1980, avec une inflation de 14 % sur un an, enregistrée en avril.

Les manifestations, marquées par des détonations de pétards et des drapeaux indigènes, se poursuivent alors que les accès à la place d’Armes sont barricadés et surveillés par des policiers antiémeutes. De nombreux commerces ont choisi de fermer leurs portes par crainte de pillages, illustrant l’impact immédiat des troubles sur l’économie locale.

Luis Fernando Romero met en garde contre les conséquences à long terme de cette situation, affirmant que le processus d’intégration de la Bolivie dans l’économie mondiale et d’attraction d’investissements étrangers sera beaucoup plus complexe en raison des événements récents. L’une des principales stratégies du gouvernement pour surmonter la crise économique reposait sur l’attraction d’investissements étrangers et le développement de secteurs tels que le tourisme.

Source : RFI

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