À l’ouverture de la COP17 à Erevan, le premier bilan du cadre mondial de Kunming-Montréal fait apparaître un retard sur presque tous les objectifs de protection de la biodiversité fixés pour la fin de la décennie. Les subventions nuisibles à la nature et le financement des pays en développement figurent parmi les principaux points de blocage.

Un bilan à mi-parcours préoccupant
Adopté en 2022 lors de la COP15 à Montréal, le cadre de Kunming-Montréal prévoit 23 objectifs à atteindre d’ici 2030. La COP17, organisée à Erevan, en Arménie, doit permettre aux États d’évaluer collectivement les progrès accomplis. Le bilan dévoilé le 15 octobre indique que presque tous les objectifs sont en retard.
Les engagements couvrent notamment la protection des espaces terrestres et marins, la préservation des populations autochtones et la réduction des aides publiques aux activités dommageables pour la nature. Vendredi 16 octobre, le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a reconnu que les efforts collectifs n’étaient pas encore à la hauteur des objectifs.
Les subventions nuisibles restent un point noir
Le recul des subventions aux activités néfastes pour l’environnement accuse un retard particulièrement marqué. Parmi elles figurent celles accordées aux énergies fossiles. Leur montant est évalué à 2 600 milliards de dollars par an, selon les éléments rapportés à l’occasion du bilan.
Le cadre international prévoit que ces subventions diminuent d’au moins 500 milliards de dollars par an d’ici 2030. Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé les gouvernements à accélérer leur action. Présent à Erevan, il a également dénoncé la poursuite de ce qu’il a qualifié de « guerre contre la nature ».
Le financement des pays en développement en question
Les engagements financiers, en particulier l’aide des pays riches aux pays en développement, sont eux aussi jugés insuffisants. Le ministre chinois de l’Environnement, Huang Runqiu, a souligné vendredi l’ampleur du déficit mondial consacré à la biodiversité.
Les pays développés, avec l’Union européenne en tête, cherchent à associer davantage la Chine et les grandes économies émergentes au financement des efforts. Les discussions interviennent toutefois alors que les États font face à des contraintes budgétaires et que l’aide publique au développement a fortement diminué au cours des trois dernières années, selon le bilan présenté.
La question du financement doit également occuper une place importante lors du sommet précédant de trois semaines la COP31 sur le climat, prévue en Turquie. Pour Adil Najam, président du WWF International, l’enjeu est désormais de traduire les engagements en mesures concrètes.
Source : DW-WORLD´s French Homepage (www.dw.com)
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