Après les violences et les pillages survenus en marge de la mobilisation du 17 octobre, les autorités françaises misent sur plusieurs pistes pour identifier les auteurs : traces biologiques et empreintes, images de vidéosurveillance, publications sur les réseaux sociaux et annonces de revente. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a fait état de 2 331 gardes à vue sur le week-end et de dizaines de placements en détention provisoire.

Des indices recueillis sur les lieux et dans les images

Les investigations doivent s’appuyer sur les éléments laissés dans les commerces touchés. Sur les scènes de pillage les plus importantes, des prélèvements d’ADN et d’empreintes digitales sont prévus. Ces traces pourront être comparées aux fichiers judiciaires, notamment au Fichier des antécédents judiciaires (TAJ), qui recense des personnes déjà interpellées ou condamnées.
La procureure de Paris, Laure Beccuau, a appelé les commerçants victimes à signaler et à préserver d’éventuels indices, comme des objets abandonnés ou des traces de sang. Les enquêteurs pourront aussi exploiter les images de vidéoprotection, celles des caméras installées dans les commerces et les vidéos diffusées sur les réseaux sociaux.
Le préfet de police Patrice Faure a annoncé, lundi 19 octobre, la création d’une « task force » chargée d’examiner les signalements et les images disponibles. Il a également appelé les témoins de violences ou de dégradations à transmettre leurs vidéos aux services de police. Certains contenus circulant en ligne montrent des personnes à visage découvert avec des marchandises.
Le suivi d’objets connectés volés, comme des téléphones ou des montres, constitue une autre piste lorsque les commerçants disposent des numéros de série. Les publications proposant à la vente des jeux vidéo, des chaussures, des ordinateurs, des parfums ou du maquillage font également l’objet d’une attention particulière.
Les annonces en ligne dans le viseur
Des annonces suspectes sont apparues depuis le week-end sur des plateformes telles que Vinted, Leboncoin ou eBay. Certaines présenteraient explicitement des articles comme ayant été volés pendant la manifestation ; d’autres proposent des biens à bas prix ou recherchent des produits associés au 17 octobre. Des personnes se sont aussi filmées en train de présenter leur butin, parfois à visage découvert.
Vinted a indiqué au Figaro que ses équipes avaient supprimé des annonces susceptibles de concerner des biens volés et renforcé le contrôle des contenus suspects. La mise en vente d’un objet ne suffit toutefois pas, à elle seule, à établir son origine : les faits doivent être examinés dans le cadre des investigations.
Des poursuites déjà engagées
Invité sur France 2 lundi 19 octobre, Gérald Darmanin a déclaré que 2 331 personnes avaient été placées en garde à vue pendant le week-end. Selon le ministre, 70 % étaient majeures et plus de 80 % faisaient l’objet de poursuites. Il a également annoncé que des dizaines de personnes avaient déjà été placées en détention provisoire.
Dans le cadre judiciaire, les faits qualifiés de « pillage » relèvent notamment du vol aggravé. Le vol commis par plusieurs personnes est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende ; lorsque plusieurs circonstances aggravantes sont réunies, les peines peuvent atteindre dix ans de prison et 150 000 euros d’amende. (legifrance.gouv.fr)
Pour les mineurs, les suites dépendent notamment de leur âge et de leur situation. La source indique que, pour les 13-17 ans, les peines ne peuvent dépasser la moitié de celles encourues par les adultes, avec une amende plafonnée à 7 500 euros. Selon les circonstances, un juge peut aussi prononcer une mesure éducative, un travail d’intérêt général ou, pour certains mineurs, une peine de détention.
Source : Le HuffPost : actualités et infos décalées en continu, en France et dans le monde (www.huffingtonpost.fr)
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Auteur : Vincent Gibert







