Bayonne : Epaiska, le bar qui évoque les tensions d’un Pays basque en lutte contre l’extrême droite
Le fait principal
Le bar associatif Epaiska à Bayonne plonge les visiteurs dans le climat politique tumultueux du Pays basque des années 70 avec une exposition d’autocollants historiques. Ces reproductions témoignent d’une époque où la lutte pour l’identité basque se heurtait à la répression franquiste.
Ce qui s’est passé
« Il y en a de toutes les provinces du Pays basque », souligne Ibai Telletxea, membre de la peña. Les autocollants, bien que des reproductions, offrent un aperçu précieux d’un passé marqué par l’interdiction des organisations abertzale et de la langue basque. Née dans ce contexte de répression, l’organisation séparatiste ETA voit le jour en 1959, et les autocollants rassemblés par Epaiska retracent une période sombre, mais également riche en mouvements culturels et sociaux.
Le contexte
Dans les années 60, de l’autre côté des Pyrénées, la dictature franquiste impose un silence assourdissant sur toute forme d’expression politique. La langue basque est perçue comme une menace à l’unité nationale. C’est dans cet environnement hostile que les habitants du Pays basque trouvent refuge dans des formes d’expression artisanales, comme ces autocollants dessinés à la main, devenus un moyen de revendiquer leur identité et leurs droits.
Les chiffres à retenir
La collection présentée par Epaiska est tirée d’un livre publié par la fondation Euskal Memoria Fundazioa, intitulé « Pegatas de Euskal Herria (1965-1979) ». L’association prévoit d’organiser d’autres expositions sur les décennies suivantes, témoignant ainsi de l’évolution des revendications basques.
Ce que cela révèle
Ces autocollants ne sont pas que des souvenirs poussiéreux ; ils révèlent une société en lutte, en quête de reconnaissance et d’identité. Ils montrent aussi comment les mouvements sociaux peuvent émerger même dans les contextes les plus répressifs. L’ironie est frappante : alors que le RN et l’extrême droite en France prônent des discours sur l’unité nationale, la réalité historique du Pays basque illustre que l’unité peut souvent rimer avec oppression. La contradiction entre ces discours et les luttes pour les droits des minorités semble, une fois de plus, mise en lumière.
Ce qu’il faut retenir
L’exposition d’Epaiska rappelle que l’histoire est souvent écrite par ceux qui osent se faire entendre, même dans les périodes les plus sombres. Elle nous interpelle sur notre propre rapport à la mémoire et à l’identité, en soulignant que la lutte pour la reconnaissance ne s’arrête jamais vraiment.
Source : Sud Ouest
