Bart De Wever : le maestro d’une réforme de l’État pour mieux masquer l’extrême droite ?
Le fait principal
Bart De Wever, le leader de la N-VA, relance le débat sur une réforme de l’État en Belgique, arguant que l’assainissement des finances publiques ne peut se faire sans une refonte des structures institutionnelles jugées « trop lourdes, trop chères, inefficaces ».
Ce qui s’est passé
Fin août, dans un podcast de RTL-TVI, Bart De Wever a ouvertement plaidé pour une réévaluation des compétences entre le fédéral et les entités régionales. Mercredi dernier, il a réitéré cette position à la Chambre des représentants, soulignant que les Régions et Communautés devraient être responsabilisées par le transfert de nouvelles compétences. Cette manœuvre s’inscrit dans un contexte budgétaire tendu où le gouvernement cherche à équilibrer ses comptes.
Le contexte
La Belgique, avec son système fédéral complexe, fait face à des défis financiers croissants. Les différents niveaux de gouvernance sont souvent critiqués pour leur inefficacité et leur coût exorbitant. Les partis francophones, comme le PS et le MR, reconnaissent également que le système institutionnel est coûteux et complexe, mais ils s’opposent à la manière dont De Wever envisage de résoudre ces problèmes, redoutant une régionalisation accrue.
Les chiffres à retenir
Les experts estiment que le « conclave budgétaire » en cours pourrait être l’un des derniers tours de vis budgétaires soutenables au niveau fédéral, selon Maxime Prévot, vice-Premier ministre Engagés. Ce dernier souligne que des compétences essentielles pourraient même être refédéralisées, comme celles liées à la mobilité et au climat.
Ce que cela révèle
Le discours de De Wever, bien que séduisant en surface, cache une réalité plus complexe. D’un côté, il promet des économies en transférant des compétences aux Régions, mais de l’autre, il pourrait bien laisser le pays dans une situation d’ingouvernabilité si les choses ne se passent pas comme prévu. Paul Magnette, président du PS, a déjà dénoncé cette posture, soulignant que De Wever pourrait facilement se dédouaner en déclarant que le pays est « ingouvernable ». En somme, à travers cette réforme, la N-VA semble jouer un jeu dangereux où la responsabilité budgétaire pourrait se transformer en une fuite en avant.
Ce qu’il faut retenir
Bart De Wever agite le spectre d’une nouvelle réforme de l’État tout en naviguant dans les eaux troubles d’un budget déjà tendu. Une stratégie qui pourrait bien se retourner contre lui si les promesses de responsabilité ne se traduisent pas par des résultats tangibles. La question demeure : qui, au final, portera le chapeau si la Belgique se retrouve à nouveau dans la tourmente institutionnelle ?
Source : La Libre
