
Avec « Gwà », Kareyce Fotso fait du blues une arme contre les violences faites aux femmes
L’artiste camerounaise Kareyce Fotso a récemment lancé son album Gwà : La Voix des Femmes, réalisé en collaboration avec Blick Bassy et Romain Jovion. Inspiré du « Gwà », un cercle de parole traditionnel féminin, cet album vise à dénoncer les violences faites aux femmes et à promouvoir la libération de la parole comme un moyen de lutte contre ces abus.
Au Cameroun, la situation est préoccupante : plus de cent femmes sont victimes de féminicides chaque année. Ces statistiques révèlent une réalité sociale souvent ignorée. Face à cette urgence, Kareyce Fotso a décidé de s’engager à travers sa musique.
« J’ai voulu comprendre. Et ma référence a été ma mère. Elle m’a dit : « Il y avait un cercle de femmes, un espace où la parole s’est libérée. Un espace traditionnel mais aussi un espace de transmission, de lutte, de force. » Je me suis dit : « Il faut que je recrée le Gwà. Et qu’on voit comment les luttes d’antan peuvent inspirer les luttes d’aujourd’hui, » » déclare-t-elle.
Le Gwà, cercle de parole transmis de génération en génération, offrait aux femmes un espace de solidarité pour partager leurs souffrances et dénoncer les violences. Kareyce Fotso ressuscite cette tradition, lui conférant une pertinence contemporaine.
Son album, principalement de blues, est décrit comme « profondément enraciné dans la douleur, la résilience et la dignité ». Les titres, tous interprétés en ghomala’, une langue maternelle bamilékée, mélangent des influences pop et rock, créant une atmosphère riche et émotive.
Kareyce Fotso a également fondé un groupe Facebook qui rassemble des milliers de membres, favorisant un dialogue ouvert sur les violences et les moyens d’y faire face. Un documentaire sur ce cercle ancestral est en préparation, renforçant l’importance de cette initiative.
Source : RFI




