Flávio Bolsonaro a renoncé à demander l’annulation de la présidentielle brésilienne après la victoire de Luiz Inácio Lula da Silva, proclamée le dimanche 25 octobre. Le Washington Post relève que ce recul est intervenu quelques minutes après que Donald Trump a laissé entendre qu’il n’interviendrait pas en sa faveur. Cette proximité dans le temps ne suffit toutefois pas à établir que la position du président américain a déterminé la décision du candidat battu.

Du recours en annulation à la contestation judiciaire

Le Tribunal supérieur électoral brésilien a annoncé la réélection de Lula avec 51,79 % des suffrages valides, contre 48,21 % pour Flávio Bolsonaro. L’écart dépasse quatre millions de voix. Le résultat a été proclamé le soir du scrutin par le président du tribunal, Kassio Nunes Marques. (tse.jus.br)
Dans un premier temps, le candidat du Parti libéral avait annoncé qu’il chercherait à faire annuler le vote. Il contestait notamment la prolongation des horaires dans certains bureaux. Il a ensuite abandonné cette démarche, tandis que son parti a déclaré reconnaître le résultat proclamé par l’autorité électorale.
Flávio Bolsonaro n’a pas pour autant renoncé à toute action. Il entend saisir la justice en accusant Lula d’avoir abusé de son pouvoir pour peser sur le scrutin. Le Washington Post décrit ce type de recours comme une initiative courante chez les candidats battus, mais rarement couronnée de succès. (washingtonpost.com)
La veille, Bolsonaro avait rejeté la responsabilité de sa défaite sur le système électoral, déclarant : « Ce n’est pas moi qui ai perdu, c’est le système qui a gagné. » Il avait aussi promis d’organiser l’opposition. Le lendemain, Trump a lui-même mis en doute la régularité du scrutin, le qualifiant de vote qui lui avait paru « très mauvais » et « corrompu », tout en disant bien s’entendre avec Lula. (washingtonpost.com)
Un revers politique pour les alliés de Trump
Donald Trump n’avait pas officiellement soutenu Flávio Bolsonaro pendant la campagne, même s’il l’avait reçu à la Maison-Blanche. La défaite prive cependant le président américain d’un allié idéologique à la tête du Brésil, l’une des principales économies d’Amérique latine. Le Washington Post rapporte que les chances d’obtenir l’annulation du vote étaient jugées faibles, y compris par des proches du candidat. (washingtonpost.com)
La contestation s’est aussi exprimée dans le camp MAGA. Selon les éléments rapportés par Courrier international, Steve Bannon a appelé les États-Unis à couper leurs liens avec le Brésil, tandis qu’Andrew Kolvet a plaidé pour des pressions exercées en coulisses sur Lula et son gouvernement. Ces réactions interviennent alors que des militants trumpistes réclament des mesures exceptionnelles si l’élection américaine leur paraît truquée.
La victoire de Lula a également inquiété les marchés brésiliens. D’après les chiffres rapportés par le New York Times et repris par Courrier international, l’indice Bovespa a perdu 10 % à l’ouverture, entraînant une suspension temporaire des échanges. Petrobras a reculé de 14 %, le groupe bancaire Itaú de 20 %, tandis que le real a cédé 8 % face au dollar.
Les commentaires de Trump sur le scrutin et le recul de Bolsonaro se sont donc succédé à quelques minutes d’intervalle, selon le Washington Post. Le quotidien souligne aussi que le candidat a finalement privilégié une contestation judiciaire plutôt qu’une demande d’annulation, dans un contexte où cette dernière option rencontrait peu de soutien. (washingtonpost.com)
Source : Courrier international – Actualités France et Monde, vidéos, infographies (www.courrierinternational.com)
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