À la suite de l’attaque raciste commise à Trappes et à La Verrière le 23 octobre, les responsables du Rassemblement national rejettent toute responsabilité collective. Le débat porte désormais sur la portée de leurs anciens propos visant Trappes et sur l’influence du discours politique, alors qu’aucun lien direct entre le suspect et le parti n’est établi.

Le RN conteste toute responsabilité collective

L’attaque a fait un mort et cinq blessés graves, dont une fillette de 12 ans. Le 26 octobre, Sébastien Chenu a condamné la tuerie sur France Inter, tout en dénonçant ce qu’il a qualifié d’« amalgame automatique » et de « récupération indigne » de la part de la gauche. Il a également estimé que les questions du djihadisme et de l’immigration devaient être débattues.
Lors du congrès du RN à Orléans, Jordan Bardella et d’autres responsables du parti ont, eux aussi, écarté l’idée d’une responsabilité de leur formation dans les faits. Marine Le Pen a condamné l’attaque, mais n’a pas abordé le sujet à la tribune, selon les éléments rapportés.
Aucun élément présenté ne permet d’affirmer que le suspect était membre du RN ou que le parti ait été directement impliqué. Une information de presse évoquant la présence de tracts politiques dans le véhicule du suspect a été démentie par le procureur antiterroriste : il a indiqué qu’aucun tract de parti n’y avait été retrouvé. (lemonde.fr)
Des propos passés sur Trappes remis en circulation
Les critiques adressées au RN concernent surtout le climat politique et les discours tenus par ses dirigeants au sujet de la commune. En 2022, Jordan Bardella avait décrit Trappes comme une « petite République islamique en miniature » et une « capitale européenne du jihad », lors d’une émission de télévision. Marine Le Pen avait, de son côté, présenté la ville comme un « territoire perdu de la République » en raison de l’immigration.
Ces déclarations sont aujourd’hui rappelées par Ali Rabeh, maire de Trappes, qui dénonce la responsabilité des élus et des médias dans la diffusion de discours stigmatisants. Il affirme que « les mots ont des conséquences dramatiques ». Ces prises de position alimentent une controverse politique ; elles ne démontrent pas, à elles seules, que les discours du RN ont déterminé les actes du suspect.
Selon les premiers éléments de l’enquête rapportés par la presse, le suspect aurait déclaré avoir visé des personnes noires et arabes pour venger des commerçants pillés le 17 octobre. Un exemplaire de Mein Kampf aurait également été retrouvé à son domicile, avec une Bible et un Coran. Le suspect conteste le caractère raciste des crimes, selon les informations rapportées lors du point presse du parquet antiterroriste. (lemonde.fr)
Un débat sur le discours politique, pas une preuve de complicité
La distinction est centrale : aucune complicité directe du RN n’est établie, mais les déclarations de ses dirigeants sur Trappes sont au cœur des critiques politiques après l’attaque. Le HuffPost estime que le parti ne peut se considérer comme entièrement étranger au débat sur le climat social. Cette appréciation relève d’une analyse politique, et non d’une conclusion de l’enquête sur les responsabilités pénales.
Le 26 octobre, Sébastien Chenu a de nouveau employé une formule visant Trappes, qualifiée de « foyer de djihadistes ». Ces propos prolongent la controverse sur la façon dont les responsables politiques parlent de la ville et de ses habitants, tandis que l’enquête antiterroriste suit son cours.
Source : Le HuffPost : actualités et infos décalées en continu, en France et dans le monde (www.huffingtonpost.fr)
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Auteur : Anthony Berthelier







