
Imbroglio juridique au procès d’un parking sauvage de l’aéroport d’Orly
Athis-Mons (Essonne) – Ce jeudi matin, la présidente du tribunal correctionnel d’Évry-Courcouronnes a qualifié le dossier en cours de « n’importe quoi ». L’audience concerne des parkings illégaux situés à proximité de l’aéroport d’Orly, un sujet de préoccupation pour la mairie d’Athis-Mons, qui cherche à réguler ces installations.
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Le prévenu, directeur de la société Opark Airport, a contesté les accusations portées contre lui, affirmant que les reproches sont « complètement biaisés ». Son avocat a réclamé une relaxe, tandis que la procureure a requis une amende de 3 000 euros, alors que le dirigeant risquait jusqu’à 300 000 euros.
La municipalité d’Athis-Mons a tenté de contrôler l’accès à ces parkings sauvages, qui attirent des voyageurs cherchant des options de stationnement économiques, notamment durant les périodes de vacances. La présidente a qualifié la situation de « plaie », soulignant les difficultés rencontrées.
« Aucun élément dans le dossier »
L’affaire avait été initialement renvoyée en raison de l’absence d’un document clé. Le prévenu était accusé d’infractions aux dispositions du plan local d’urbanisme (PLU) pour des faits remontant au 3 août 2023. Cependant, aucun document datant de 2018 et modifié en 2024 n’a été présenté lors de l’audience. Dans sa version originale, le PLU n’interdit pas la création de parkings, sauf pour certains types de stockage.
Entre les deux audiences, le prévenu a été confronté à une nouvelle prévention pour absence de déclaration préalable de son activité. Son avocat, Me Arnaud Richard, a souligné que les enquêtes n’avaient pas pris en compte cette question. Le prévenu n’a pas rempli certains documents administratifs lors de la création de sa société et a été accusé d’exécution irrégulière de travaux. En 2024, il a tenté de régulariser sa situation, mais a coché une case qui a conduit à une infraction au PLU.
Les policiers n’ont pas interrogé le prévenu sur ce point lors de l’enquête, suscitant des interrogations sur la solidité du dossier. Son avocat a déclaré : « On n’a aucun élément dans le dossier », ce à quoi Me Nicolas Corlouer, représentant de la mairie, a reconnu un « problème de prévention ».
« Ah bah, tout cela promet »
La mairie d’Athis-Mons insiste sur la nécessité de lutter contre les parkings illégaux, qui se multiplient dans la région. La procureure a affirmé que le prévenu avait changé la destination de son terrain et qu’il avait eu l’opportunité de régulariser sa situation, ce qu’il n’a pas fait.
La présidente, exaspérée par certaines preuves, notamment des photos de Google Earth sans date précise, a conclu l’audience en déclarant : « ah bah, tout cela promet ». Le jugement a été renvoyé au 2 juillet prochain.
Source : Le Parisien





