Après la confirmation d’un cas importé d’Ebola au Nigeria, le Cameroun renforce sa préparation face au risque d’introduction du virus. Les autorités prévoient notamment d’améliorer la surveillance, la détection des cas suspects et la coordination avec le pays voisin. À Yaoundé, des habitants s’interrogent sur la capacité du système de santé à répondre à une nouvelle urgence.

Une préparation renforcée après le cas nigérian

Le cas confirmé au Nigeria concerne la maladie à virus Ebola due au virus Bundibugyo. L’Organisation mondiale de la santé indique qu’il a été détecté à Abuja le 20 octobre 2026 chez une personne ayant voyagé depuis l’Ouganda. La patiente a été placée en isolement et 44 personnes identifiées comme contacts étaient suivies au 20 octobre. (afro.who.int)
Le Cameroun et le Nigeria partagent près de 1 500 kilomètres de frontière, difficile à surveiller malgré les dispositifs existants. À l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen, un espace de quarantaine de trois lits est disponible pour la prise en charge de cas suspects. Le dispositif et les effectifs doivent toutefois être renforcés, selon les informations rapportées par DW.
Le ministère camerounais de la Santé a précisé, après une réunion tenue le 22 octobre, les mesures de préparation retenues : renforcement de la surveillance épidémiologique, mise en alerte des établissements de santé publics et privés, amélioration des capacités de diagnostic et de prise en charge, mobilisation d’équipes d’intervention rapide et coopération accrue avec les autorités nigérianes. Le ministère a également jugé insuffisant le niveau de préparation du pays au regard des éléments examinés lors de cette réunion. (minsante.cm)
Des inquiétudes sur les capacités du système de santé
À Yaoundé, Aurélien Ngouffo, ingénieur agronome, souligne la difficulté de contrôler les déplacements à la frontière. Il exprime aussi des doutes sur l’anticipation des crises et sur les moyens disponibles pour assurer la prise en charge des malades.
Ces préoccupations s’inscrivent dans un contexte où le choléra continue de sévir, notamment dans l’Extrême-Nord, selon le reportage de DW. Certains habitants redoutent que les difficultés rencontrées face à cette maladie compliquent la réponse à une éventuelle urgence liée à Ebola.
Le Cameroun avait fermé sa frontière avec le Nigeria en 2014, pendant l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest. Cette mesure passée rappelle l’ampleur des réponses envisagées à l’époque, mais l’enjeu immédiat est aujourd’hui de repérer rapidement d’éventuels cas, de les isoler et de les prendre en charge, tout en protégeant les soignants et en suivant les personnes exposées.
Source : DW-WORLD´s French Homepage (www.dw.com)
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