Des volumes annoncés par Trump
Dans un message publié sur Truth Social, le président américain a affirmé que la Russie fournirait immédiatement plus de 300 000 tonnes de diesel, puis 500 000 tonnes en novembre et un million de tonnes supplémentaires « immédiatement après ». Il a aussi évoqué une livraison rapide de trois millions de tonnes, sous réserve de l’état des raffineries russes. Ces volumes ont été présentés par Donald Trump comme destinés aux marchés américain et mondial.
Le président a assuré que cet accord ferait rapidement baisser les prix du diesel. Il a notamment mis en avant les agriculteurs, les éleveurs et les transporteurs routiers américains, alors que le coût des carburants pèse sur le mécontentement des électeurs avant les élections législatives du 3 novembre. Le Parti républicain craint de perdre le contrôle du Congrès.
La Russie étant visée par des sanctions sur ses exportations d’hydrocarbures, le ministère américain des Finances a indiqué avoir accordé une autorisation provisoire pour permettre la mise sur le marché du diesel concerné. L’annonce est intervenue pendant des discussions entre responsables ukrainiens et américains à Miami, auxquelles participaient également des conseillers à la sécurité nationale de plusieurs pays européens.
Zelensky dénonce une décision favorable à Moscou
Volodymyr Zelensky a vivement critiqué l’accord. Le président ukrainien estime que les revenus tirés des livraisons pourraient financer la guerre menée par la Russie et renforcer la capacité de Moscou à poursuivre ses opérations. Dans un entretien accordé à Axios, il a également comparé l’annonce à un cadeau d’anniversaire pour Vladimir Poutine, qui a eu 74 ans le 7 octobre.
Les tensions se sont accentuées après les critiques de Donald Trump contre les frappes ukrainiennes visant des raffineries russes. Le 10 octobre, le président américain a déclaré que Zelensky « avait intérêt à arrêter » et a suggéré que l’Ukraine se dote d’un dirigeant capable de conclure un accord de paix avec Moscou.
Lors d’une interview diffusée le lendemain sur ABC, Zelensky a répondu que le choix des dirigeants ukrainiens appartenait à la société et au peuple de son pays. Il a ainsi rejeté les propos de Trump sur l’avenir politique de l’Ukraine.
Six sénateurs contestent la procédure
Aux États-Unis, quatre sénateurs républicains et deux démocrates ont signé, le 11 octobre, une déclaration contre l’accord. Ils reprochent à l’administration de ne pas avoir consulté le Congrès ni fourni les justifications que la loi exigerait. Les élus demandent à la Maison-Blanche de revenir sur sa décision, estimant qu’elle ne devrait pas apporter de soutien financier à la Russie alors que les civils ukrainiens continuent d’être tués.
Le sénateur républicain Thom Tillis, de Caroline du Nord, a lui aussi mis en doute la légalité du projet si l’administration le met à exécution. Il a rappelé que, selon lui, la Russie est l’agresseur et qu’elle pourrait mettre fin à la guerre en se retirant des territoires qu’elle occupe.
Donald Trump a également affirmé que l’Ukraine et la Russie avaient conclu un cessez-le-feu portant sur les infrastructures énergétiques. Le chancelier allemand Friedrich Merz a toutefois déclaré que la Russie avait répondu à cette proposition par des attaques massives contre des infrastructures énergétiques civiles ukrainiennes. Il a réaffirmé le soutien de l’Allemagne et de l’Europe à Volodymyr Zelensky.
Source : DW-WORLD´s French Homepage (www.dw.com)
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