Marché : Pourquoi le célèbre adage boursier

Pourquoi l’adage boursier « vendre ses actions en mai » présente des failles

(BFM Bourse) – Traditionnellement, les investisseurs sont souvent conseillés de « vendre en mai et de partir », une recommandation fondée sur des données historiques indiquant que la période la plus performante des marchés s’étend de novembre à avril. Cependant, cette stratégie mérite une analyse plus approfondie, selon des experts du secteur.

La Bourse est souvent perçue comme un environnement complexe, parsemé de jargon technique et de mécanismes difficiles à appréhender pour le grand public. Parmi les dictons populaires, celui de « vendre en mai » refait surface chaque année, ayant été documenté pour la première fois en 1935 dans le Financial Times. L’idée serait que les investisseurs, notamment des classes aisées, délaissent leurs portefeuilles pendant l’été.

L’adage suggère de se retirer du marché à partir du 1er mai pour revenir à la veille du 1er novembre, période souvent associée à un rebond des marchés financiers. Ce phénomène est parfois désigné comme l’effet Halloween, qui souligne une tendance de hausse significative des marchés entre novembre et avril.

Une situation paradoxale

Avec l’arrivée de mai, la question de la pertinence de cet adage se pose, surtout dans un contexte où les indices boursiers américains atteignent des sommets malgré des incertitudes géopolitiques. John Plassard, associé chez Cité Gestion, souligne que les investisseurs se concentrent sur les fondamentaux, tels que la solidité des bénéfices des entreprises.

Les experts, comme Matthias Baccino de Trade Republic, notent l’imprévisibilité des marchés, rendant difficile toute prédiction sur leur direction future.

Une théorie à nuancer

Des études ont montré que suivre l’adage « vendre en mai » pourrait en réalité entraîner des pertes d’opportunités. Des chercheurs spécialisés en saisonnalité ont constaté qu’investir à Halloween et prendre ses profits en mai peut générer un rendement supérieur de 4 % par rapport à une stratégie d’investissement à long terme. Les données statistiques indiquent que le rendement moyen du S&P 500 est d’environ 3 % de mai à octobre, contre environ 6,3 % de novembre à avril.

Cependant, John Plassard rappelle que les mois d’été ne sont pas un « désert boursier ». Ils peuvent être moins performants, mais offrent des opportunités de sélection et de rotation. La volatilité accrue durant cette période nécessite une approche plus disciplinée et sélective.

Une vision à long terme recommandée

Les experts avertissent également que la théorie de « vendre en mai » comporte des failles, notamment en raison de la variabilité des performances d’une année à l’autre et de l’impact de facteurs contemporains tels que l’intelligence artificielle et les grandes entreprises technologiques.

En définitive, il est suggéré d’adopter une stratégie d’observation à moyen et long terme plutôt que de se fier uniquement à des statistiques saisonnières. Cela permettrait de minimiser le stress et d’éviter des erreurs stratégiques.

Source : BFM Bourse

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