
Amine, 22 ans, livreur Deliveroo à Paris : « Je fais jusqu’à 1 100 € de chiffre d’affaires par mois, voici ce qu’il me reste à la fin »
Les rues de Paris, Amine les connaît par cœur. « J’habite en colocation dans le 19e arrondissement, vers le Parc des Buttes Chaumont, mais je livre mes clients dans tous les quartiers de la capitale ainsi qu’en proche banlieue », explique-t-il. Depuis trois ans, ce jeune homme de 22 ans travaille pour la plateforme Deliveroo, rachetée par l’entreprise américaine DoorDash en mai 2025. Pour exercer ce métier, Amine a dû adopter le statut d’auto-entrepreneur et effectuer plusieurs investissements.
« J’avais un vélo, mais il n’était pas assez robuste pour l’utilisation que j’allais en avoir. Je l’ai donc revendu sur Leboncoin à 50 euros et j’ai acheté, d’occasion, un vélo électrique pour 600 euros », raconte-t-il. Au total, en incluant le casque, l’antivol, le sac à dos isotherme et le support pour téléphone, il a dépensé 900 euros pour lancer son activité. « C’est un investissement important, mais nécessaire, que j’ai réussi à financer en faisant des extras en tant que serveur et commis dans un restaurant », confie-t-il.
Amine travaille de 12h à 15h puis de 18h à 22h, quatre jours par semaine et certains week-ends. « Le mode de fonctionnement de Deliveroo est flexible : il suffit de se connecter à l’application Rider pour se voir proposer des commandes », explique-t-il. Cette application cartographie les quartiers parisiens où la demande est la plus forte, permettant à Amine d’optimiser ses livraisons. Il précise : « Le midi, je travaille souvent dans les 8e et 9e arrondissements, tandis que le soir et le week-end, je suis plutôt dans les 10e, 11e et 12e arrondissements, voire vers Vincennes et Saint-Mandé. Ce sont des quartiers vivants avec beaucoup de clients. La concurrence entre les livreurs est assez rude, mais ça vaut quand même le coup. »
Amine se rémunère sur les frais de livraison de chaque commande, qui varient selon plusieurs critères, notamment la distance parcourue. « En moyenne, je gagne entre 4 et 6 euros par livraison », indique-t-il. En soirée, il parvient parfois à optimiser les livraisons en desservant plusieurs clients proches. « J’arrive à réaliser deux à trois courses par heure, ce qui me rapporte entre 10 et 15 euros, en tenant compte des pourboires. En journée, c’est plus aléatoire, avec beaucoup d’attentes entre deux commandes », précise-t-il. Lorsque les conditions de livraison sont difficiles, comme sous la pluie ou la neige, il reçoit un bonus de un à deux euros par commande.
En février 2026, Amine a généré 1 100 euros de chiffre d’affaires. Sur cette somme, il paie environ 20 % de charges sociales à l’Urssaf, ce qui lui laisse environ 880 euros nets de revenus. « Avec cette somme, je dois entretenir mon vélo. Il m’arrive régulièrement de crever ou d’avoir des problèmes de batterie. Le mois où mon téléphone m’a lâché et que j’ai dû en racheter un pour 300 euros, je n’ai pas fait beaucoup de bénéfices », confie-t-il. Pour couvrir son loyer de 520 euros et vivre plus confortablement, Amine multiplie les extras dans la restauration durant les week-ends.
« Je sais que la livraison de repas n’est pas une activité pérenne. Je réfléchis à travailler uniquement dans la restauration, en CDI, car c’est un secteur qui recrute. Mais les horaires et les conditions de travail difficiles me freinent un peu. L’avantage, avec Deliveroo, c’est que j’ai la main sur mes horaires. Ce n’est pas un avantage que je retrouverai en étant salarié », conclut-il.
Source : Le Figaro.





