Un pari politique, selon Constantin Grund
Dans un entretien publié par DW le 14 octobre 2026, Constantin Grund interprète le lancement du FRN comme une tentative de Joseph Kabila de retrouver une place dans le jeu politique congolais. À ses yeux, l’ancien président, qu’il décrit comme politiquement isolé, ne disposerait plus d’une voie démocratique pour revenir au pouvoir. Le recours à un mouvement lié à une rébellion constituerait dès lors, selon lui, une stratégie de dernier recours.
Cette lecture est celle de l’interlocuteur de DW : elle ne permet pas, à elle seule, d’établir les motivations de Joseph Kabila. Grund considère aussi que la nouvelle configuration pourrait compliquer un éventuel dialogue entre le gouvernement et l’organisation, mais ne présente pas de perspective immédiate de négociation susceptible de conduire à la paix.
Le conflit et la place du Rwanda

Grund estime que la mise en avant de Joseph Kabila pourrait modifier la manière dont le conflit est perçu à l’étranger. Jusqu’ici souvent présenté comme une confrontation entre Kinshasa et Kigali, il serait, selon lui, davantage « congolisé » par le rôle attribué à un ancien dirigeant congolais. Il avance que cette évolution pourrait aussi détourner une partie de l’attention des accusations visant le Rwanda.
Le représentant de la Fondation Friedrich Ebert relie cette hypothèse à la pression internationale exercée sur Kigali. Il décrit une offensive diplomatique congolaise efficace, tandis que le Rwanda peinerait à contrer l’image d’un pays impliqué dans le conflit. Il s’agit de son analyse : l’entretien ne présente pas de nouvel élément permettant de confirmer les objectifs qui auraient motivé la création du FRN.
Un renversement du pouvoir jugé peu probable
Interrogé sur un possible parallèle avec la marche de Laurent-Désiré Kabila sur Kinshasa en 1996-1997, Constantin Grund juge un scénario similaire aujourd’hui très improbable. Il invoque notamment le soutien dont bénéficie le gouvernement congolais sur la scène internationale, en particulier celui de Washington. Il précise néanmoins qu’aucune évolution politique ne peut être tenue pour absolument impossible.
Sur les conséquences pour les efforts de paix et la coopération européenne avec la RDC, notamment autour du cobalt et du cuivre, son appréciation reste prudente. Grund ne prévoit pas d’effet majeur et immédiat sur la stabilité du pays. Il estime que les observateurs doivent d’abord comprendre les ressorts de cette recomposition avant d’en mesurer les effets concrets.

Pas de crise politique généralisée, selon lui
Le représentant de la Fondation Friedrich Ebert distingue les difficultés vécues par une partie de la population d’une crise politique généralisée. Il reconnaît les effets de l’inflation et de la hausse du coût de la vie, mais estime que le terme de « crise » est surtout employé par des acteurs de l’opposition. Il considère que le régime reste stable à Kinshasa et que les tensions autour d’un dialogue national ne remettent pas fondamentalement en cause la stabilité de l’État.
Son analyse laisse toutefois ouverte la question de l’évolution politique du pays. À ce stade, l’entretien ne permet pas de déterminer comment le FRN pèsera sur le conflit ni s’il modifiera les conditions d’un éventuel processus de paix.
Source : DW-WORLD´s French Homepage (www.dw.com)
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