Des besoins importants, des dispositifs insuffisants
Le rapport recense plusieurs formes d’exploitation : sexuelle, par le travail, par la mendicité ou la contrainte à commettre des délits. Il mentionne également le trafic d’organes, les mariages forcés, les adoptions illégales et la gestation pour autrui.
Les femmes représentent 90 % des victimes d’exploitation sexuelle, selon les données citées par l’Institut. L’exploitation par le travail concerne notamment les secteurs de la construction, des soins et de la logistique. Les cas signalés dans la restauration et l’hôtellerie ont aussi progressé au cours des deux dernières années.
Pour la période 2020-2024, le rapport fait état de 1 120 cas signalés à des centres de conseil et de 839 victimes faisant l’objet d’enquêtes. Ces données ne proviennent pas uniquement des statistiques officielles : l’Institut recueille également des informations auprès de centres spécialisés.

En 2024, environ trois personnes par jour se sont adressées à ces centres pour demander de l’aide, indique Naile Tanis, responsable de l’unité de signalement de la traite des êtres humains de l’Institut. En comparaison, environ deux personnes par jour ont contacté les autorités chargées des enquêtes.
Des écarts entre les Länder
L’Institut déplore le recul du nombre de Länder finançant des centres d’accueil spécialisés : ils étaient huit en 2022, contre sept en 2025. Il estime que les victimes ne disposent pas partout des mêmes possibilités d’accès à une protection et à un accompagnement psychologique.
Naile Tanis souligne que ce soutien devrait être accessible quel que soit le lieu où se trouve la personne concernée, citant Munich, Bielefeld et Zwickau. La directrice de l’Institut, Beate Rudolf, met également en avant le manque de logements protégés et les différences de prise en charge d’une région à l’autre.

Des avancées à traduire dans la pratique
Le rapport reconnaît des progrès depuis 2024, notamment en matière de législation et de plans d’action. Il relève aussi les formations proposées par l’Unité de contrôle financier du travail non déclaré. Mais, selon l’Institut, ces évolutions ne suffisent pas à garantir une réponse homogène sur le terrain : des normes communes et un dispositif de soutien fiable à l’échelle nationale font encore défaut.
L’Institut salue par ailleurs les projets du gouvernement fédéral visant à renforcer le droit pénal afin de poursuivre et de sanctionner plus systématiquement les faits de traite. Il appelle à ce que ces mesures s’accompagnent d’un accès effectif à la protection et aux services d’aide pour toutes les personnes concernées.
Source : DW-WORLD´s French Homepage (www.dw.com)
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