Comment utiliser les fonds issus d’une « aide ponctuelle et assurée uniquement pour l’année 2026 » ? L’exécutif de la province Sud a soumis plusieurs pistes aux conseillers, réunis en assemblée ce jeudi 12 février, en ce qui concerne le fléchage des 473 millions de francs perçus par la Maison bleue au titre de la solidarité républicaine. Cette dotation, octroyée aux collectivités calédoniennes pour un montant total de 2,5 milliards de francs via le prêt garanti par l’État, a notamment pour objet de financer le transport public, les services de cantine, mais aussi des dispositifs en faveur de la jeunesse, comme l’avait souhaité l’ancien ministre des Outre-mer, Manuel Valls, à l’origine du dispositif.
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C’est dans ce troisième axe que la province Sud veut s’inscrire, avec une série de mesures visant à « soutenir les familles et les jeunes« . « On voit bien que les difficultés portent en particulier sur le paiement des repas, des vêtements, etc.« , constate la présidente de la collectivité, Sonia Backès. La somme sera notamment utilisée pour attribuer des bons d’achat de 6 000 francs aux parents d’enfants scolarisés ou en crèche, sans condition de ressource, « afin de répondre aux besoins en habillement et en alimentation« . Plus de 44 000 jeunes sont concernés.
30 millions supplémentaires pour les centres de loisirs
« On prévoit également un gros travail sur le dispositif Ppic« , annonce Sonia Backès. Ce programme est destiné aux demandeurs d’emploi de moins de 30 ans, « très touchés par la crise, puisqu’ils se retrouvent en concurrence avec des gens plus expérimentés qui ont perdu leur travail durant les émeutes« . Autre dispositif qui bénéficiera d’une rallonge budgétaire issue de la dotation : le Programme provincial de réinsertion citoyenne, imaginé pour soutenir la création d’emplois dans l’économie sociale et solidaire. Créé début 2024, il sera prolongé au moins jusqu’au 16 avril 2027. Les 473 millions viendront également financer des projets menés par des associations « dans les domaines de la jeunesse, des sports et de la culture« , ainsi que des actions portées par les communes « dans le cadre des thématiques définies par la province Sud« .
Enfin, une partie de l’enveloppe sera consacrée aux centres de vacances et de loisirs, « pilier structurant pour les familles« , estime l’exécutif. Près de 30 000 enfants y sont accueillis en moyenne chaque année. La dotation républicaine permettra à la collectivité d’augmenter de 100 francs par jour et par enfant l’aide qu’elle accorde aux familles. Celle-ci atteindra donc 550 francs par jour et par enfant en centres de loisirs et 800 francs en centres de vacances. Elle sera abondée de 50 francs pour les enfants en situation de handicap. Le forfait deviendra également accessible dès 11 ans, contre 13 ans actuellement.
Mesures ponctuelles
« En prenant en compte ces changements, l’estimation du financement forfaitaire annuel s’élèverait à 111,5 millions de francs contre 101 millions en 2023, 78 millions en 2024 et 83 millions en 2025« , indique la province Sud. Ces 30 millions supplémentaires seront entièrement pris en charge par la dotation de solidarité républicaine.
L’ensemble de ces actions seront mises en place uniquement en 2026 et disparaîtront ensuite. « Nous avons dénoncé le caractère exceptionnel de cette aide de façon assez unanime« , fait remarquer Sonia Backès. La collectivité a ainsi fait le choix de privilégier des mesures ponctuelles, « plutôt que d’abonder des dispositifs pérennes« .
En octobre 2022, la province Sud a créé un dispositif d’incitation à l’installation et à l’équipement des cabinets de santé libéraux pour faire face à une pénurie de professionnels dans certaines communes. L’aide s’élève à 6 millions de francs versés en trois fois sur trois ans pour les cabinets de médecine ou d’odontologie, et 1,5 million pour les cabinets de maïeutique, d’orthophonie, de masso-kinésithérapie ou d’infirmier. Une enveloppe pouvant atteindre 16 millions de francs est également proposée, à certaines conditions, pour l’achat d’équipements médicaux.
D’abord réservé aux zones extérieures au Grand Nouméa, le dispositif a évolué ces derniers mois, en incluant des périmètres situés dans l’agglomération et qui faisaient face à une pénurie de soignants. C’est le cas de certains endroits au Mont-Dore et à Païta. Ce jeudi 12 février, les élus ont débattu d’un projet de délibération visant à élargir de nouveau le dispositif à des zones qui comptent de nombreux habitants en situation de vulnérabilité, mais qui sont confrontés à un manque structurel d’infrastructures sanitaires ou de moyens de transport en commun. L’exécutif a ainsi proposé d’intégrer La Coulée, au Mont-Dore, en plus des quartiers de Plum, Vallon-Dore et Mont-Dore Sud déjà concernés, ainsi que la zone du Mont-Mou à Païta, commune où seule La Tontouta est éligible.
Un projet d’extension insuffisant, selon certains élus. Philippe Dunoyer, de Calédonie ensemble, a ainsi déposé un amendement afin d’élargir l’aide à l’installation à la presqu’île de Ducos, à Nouméa, également touchée par la désertion des professionnels de santé et en partie privée de transports en commun. Une proposition soutenue par Virginie Ruffenach, élue Rassemblement, estimant qu’il ne « faut pas oublier Nouméa« . Une demande « légitime« , pour Sonia Backès, mais qui n’a pas fait l’objet d’un examen par les services de la province. « On pourrait se poser la même question pour Rivière-Salée ou Vallée-du-Tir. Il ne faut pas déséquilibrer l’ensemble du système« , a estimé la présidente de la province Sud, qui voit dans cet amendement une manière, pour ses défenseurs, de « faire campagne » pour les élections municipales. Le texte a été retiré, et un travail sera mené sur la pertinence d’élargir le dispositif à certains quartiers de Nouméa.
Aide ponctuelle : un coup de pouce ou un coup d’épée dans l’eau ?
473 millions de francs pour soutenir les familles en 2026, mais à quel prix ? Entre promesses et réalité, la province Sud semble jouer à un jeu de chaises musicales avec l’avenir de ses jeunes.
Ce qui se passe réellement
L’exécutif de la province Sud a récemment proposé plusieurs pistes pour utiliser les 473 millions de francs reçus au titre de la solidarité républicaine. Cette somme, issue d’un prêt garanti par l’État, est censée financer des projets variés, allant du transport public aux services de cantine, en passant par des dispositifs en faveur de la jeunesse. La présidente Sonia Backès a souligné que ces fonds visent à « soutenir les familles et les jeunes », notamment en attribuant des bons d’achat de 6 000 francs aux parents d’enfants scolarisés ou en crèche, sans condition de ressources. Plus de 44 000 jeunes sont concernés.
30 millions supplémentaires pour les centres de loisirs
En plus, 30 millions de francs seront alloués aux centres de loisirs, un « pilier structurant pour les familles », selon l’exécutif. Les aides aux familles dans ces centres seront augmentées, atteignant 550 francs par jour et par enfant. Mais attention, tout cela est temporaire : ces mesures ne seront mises en place qu’en 2026 et disparaîtront ensuite, laissant les familles dans l’incertitude.
Pourquoi cela dérange
La province Sud a choisi de privilégier des mesures ponctuelles, au lieu de renforcer des dispositifs pérennes. Cette décision soulève des questions sur la viabilité de ces aides. Pourquoi investir dans des solutions temporaires alors que les besoins sont structurels ? Les familles, déjà en difficulté, ne devraient-elles pas bénéficier d’un soutien durable ?
Ce que cela implique concrètement
Ces mesures, bien qu’elles semblent généreuses sur le papier, ne font que masquer les véritables problèmes. En offrant des aides temporaires, l’exécutif semble ignorer les causes profondes des difficultés rencontrées par les familles. Les bons d’achat, bien qu’appréciés, ne résolvent pas la crise de fond qui touche l’économie locale.
Lecture satirique
L’ironie est palpable : un soutien financier qui ne dure qu’un an, c’est un peu comme offrir un parapluie à quelqu’un qui se noie. Les discours politiques promettent monts et merveilles, mais la réalité est bien plus cruelle. En fin de compte, ces aides ne sont qu’un pansement sur une plaie béante.
Effet miroir international
À l’échelle mondiale, cette approche rappelle les politiques de certains gouvernements autoritaires qui distribuent des aides temporaires pour apaiser la colère populaire, tout en négligeant les véritables réformes nécessaires. Les promesses de soutien s’apparentent à des manœuvres électorales, visant à maintenir le statu quo plutôt qu’à apporter un changement significatif.
À quoi s’attendre
Si cette tendance se poursuit, les familles de la province Sud pourraient se retrouver dans une situation encore plus précaire après 2026, lorsque ces aides disparaîtront. L’absence de mesures durables pourrait mener à une aggravation des inégalités et des tensions sociales.
Sources




