Achats durables : quand les promesses de l’extrême droite s’évaporent dans la réalité française
Le fait principal
Le rapport du Commissariat général au développement durable (CGDD), publié le 10 juillet 2026, révèle un tableau contrasté sur le déploiement des schémas de promotion des achats socialement et écologiquement responsables (Spaser) dans la commande publique. Alors que des progrès notables ont été réalisés, des disparités préoccupantes subsistent.
Ce qui s’est passé
Ce rapport, destiné au Parlement, analyse les pratiques des acheteurs publics ayant adopté un Spaser. Il met en lumière des avancées, mais aussi des difficultés d’appropriation, notamment par les nouveaux assujettis. Par exemple, la ville de Lyon a su structurer son suivi, alors que d’autres entités peinent à atteindre des résultats similaires. En effet, le suivi des objectifs reste hétérogène, révélant que chaque schéma est influencé par des choix politiques et des moyens disponibles.
Le contexte
Depuis la loi Climat et Résilience de 2021, les acheteurs publics dont le volume d’achats annuels dépasse 50 millions d’euros hors taxes sont tenus d’élaborer un Spaser. En 2023, la part des contrats de la commande publique intégrant des clauses environnementales était de 29,1 % en nombre de contrats, et 39,5 % en montant. Pour les structures ayant mis en place un Spaser, ces chiffres grimpent à 63,2 % et 29,9 % respectivement pour les considérations sociales.
Les chiffres à retenir
– 29,1 % des contrats de la commande publique intègrent des clauses environnementales.- 63,2 % des marchés des structures ayant élaboré un Spaser incluent des considérations environnementales.- 29,9 % des contrats des structures porteuses de Spaser intègrent des considérations sociales, contre 18,7 % au niveau national.
Ce que cela révèle
Ces résultats sont éloquents : alors que le gouvernement prône des initiatives vertes, la réalité sur le terrain est plus nuancée. Les collectivités qui s’engagent sur la voie des achats responsables semblent plus performantes que celles qui s’y convertissent à la hâte. La promesse d’une commande publique durable est-elle vraiment mise en œuvre ou s’agit-il d’un simple effet d’annonce ? Les chiffres, eux, ne mentent pas. Le RN, qui prône une politique d’achats « patriotes », devrait peut-être s’inspirer de ces pratiques responsables, plutôt que de s’enfermer dans une rhétorique déconnectée de la réalité.
Ce qu’il faut retenir
Le rapport du CGDD souligne des avancées dans la commande publique, mais aussi un manque d’homogénéité dans l’application des Spaser. Si le chemin vers des achats responsables est balisé par des lois et des chiffres encourageants, la mise en œuvre reste un défi. La question demeure : la volonté politique est-elle suffisante pour transformer ces promesses en actes concrets ?
Source : Localtis, rapport du CGDD
