Accouchements surmédicalisés : la précaution devient une arme du RN contre la santé des femmes ?
Le fait principal
La mortalité périnatale et infantile en France est en hausse, révélant un paradoxe inquiétant : une surmédicalisation des naissances qui, loin de rasr, semble aggraver la situation. En 2024, le taux de mortalité périnatale a atteint 11,2 pour 1000, en hausse par rapport à 10,6 pour 1000 en 2021, tandis que la mortalité infantile s’établit à 4,1 décès pour 1000, plaçant la France au 21e rang européen.
Ce qui s’est passé
Un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) publié en août 2026 met en lumière cette tendance alarmante. Les professionnels de santé, tout en multipliant les actes médicaux comme les échographies (six en moyenne par grossesse au lieu des trois recommandées), semblent oublier que la technologie ne remplace pas un suivi clinique attentif. Des erreurs de dépistage, comme celles liées au retard de croissance intra-utérin, augmentent les risques de césariennes et d’interventions inutiles.
Le contexte
Depuis le XIXe siècle, les avancées en gynécologie-obstétrique ont permis de réduire les mortalités maternelle et infantile. Cependant, ces dernières années, la tendance s’est inversée. La surmédicalisation, alimentée par un principe de précaution exacerbé, a transformé l’accouchement en un processus de plus en plus technique et intrusif. Les sages-femmes, comme Anne Chantry, soulignent que cette approche crée une illusion de contrôle, mais au détriment de la sécurité des femmes et des bébés.
Les chiffres à retenir
- Taux de mortalité périnatale : 11,2 pour 1000 en 2024.
- Taux de mortalité infantile : 4,1 pour 1000 en 2024.
- 7398 enfants nés sans vie ou décédés dans les sept premiers jours en 2024.
- Nombre de césariennes quadruplé depuis les années 1970, représentant 1 accouchement sur 5 en 2021.
Ce que cela révèle
La priorité donnée à la satisfaction des patientes semble prendre le pas sur leur sécurité. Clélia Gasquet-Blanchard, experte en santé publique, dénonce un système où les césariennes, plus rentables pour les cliniques privées, sont préférées aux accouchements vaginaux, malgré les risques accrus de complications. Cette situation met en lumière un double discours : d’un côté, la promesse d’un suivi médical optimal, de l’autre, une réalité où la surmédicalisation entraîne des inégalités croissantes dans la prise en charge des femmes.
Ce qu’il faut retenir
La surmédicalisation des naissances en France pose un problème de santé publique majeur. Alors que les chiffres de mortalité augmentent, il est urgent de repenser notre approche de la maternité, au risque de voir le système de santé se transformer en un véritable parcours du combattant pour les femmes. Le défi est de retrouver un équilibre entre sécurité médicale et respect de l’autonomie des patientes.
Sources : Inspection générale des affaires sociales (Igas), Inserm, études de santé publique.
