À Strasbourg, dans le Bas-Rhin, des photomontages diffusés sur les réseaux sociaux au début de février 2025 ont déclenché un signalement au parquet et une enquête administrative à l’Université de Strasbourg. Présentés par le collectif Golem comme un « jeu de cartes », ils détournaient des images d’étudiants au moyen de stéréotypes antisémites, sexistes et islamophobes. Depuis, des sanctions universitaires ont été prononcées, mais l’une d’elles a été annulée par le tribunal administratif en avril 2026.

Des images signalées à l’université

Le collectif Golem a publié les images sur Instagram quelques jours avant le communiqué du président de l’Université de Strasbourg, Michel Deneken, daté du 11 février 2025. Certaines cartes représentaient des personnes déguisées en rabbin ou en imam, accompagnées de textes faisant appel à des clichés antisémites ou islamophobes. D’autres comportaient une mise en scène sexiste. La création des montages a alors été attribuée à des membres de la section strasbourgeoise du syndicat étudiant UNI ; celui-ci a contesté cette attribution et dénoncé un montage qu’il jugeait mensonger.
Le président de l’université a annoncé un signalement au titre de l’article 40 du code de procédure pénale et l’ouverture d’une enquête administrative. Deux députés du Bas-Rhin, Sandra Regol et Emmanuel Fernandes, ont également annoncé un signalement. Au moment de la publication de l’article initial de 20Minutes, le parquet de Strasbourg indiquait ne pas avoir connaissance de plaintes.
Des mesures disciplinaires, puis des recours
Le 25 février 2025, le président de l’université a interdit au président de la section strasbourgeoise de l’UNI d’accéder aux locaux universitaires pendant trente jours. Le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté son recours en référé le 12 mars 2025. Cette mesure temporaire ne constitue pas une condamnation pénale. (strasbourg.tribunal-administratif.fr)
La procédure disciplinaire a ensuite concerné plusieurs étudiants. Dans un jugement rendu le 27 avril 2026, le tribunal administratif a annulé l’exclusion de trois ans de tout établissement public d’enseignement supérieur prononcée contre l’un d’eux. Le tribunal a toutefois considéré que certains comportements qui lui étaient personnellement imputés constituaient une faute disciplinaire ; il a jugé la sanction trop sévère au regard des faits retenus. Cette décision concerne un étudiant et ne tranche pas à elle seule le sort des autres procédures. (doctrine.fr)
Ce qui reste à établir
Les décisions disciplinaires de l’université et les recours devant la justice administrative sont distincts d’une éventuelle procédure pénale. Les éléments disponibles ne permettent pas de conclure ici à une condamnation pénale, ni de préciser l’issue actuelle d’une enquête du parquet. L’université avait annoncé son enquête administrative, mais ses conclusions complètes ne sont pas établies par les informations citées dans cet article.
Pour les étudiants et personnels de l’Unistra, l’affaire a donc eu des conséquences concrètes sur la vie du campus : signalement officiel, enquête interne, mesures disciplinaires et contentieux. Les autorités universitaires invitent les personnes confrontées à des actes ou propos racistes ou antisémites à les signaler à leur référent dédié. (unistra.fr)
Source : 20Minutes – Actu Strasbourg
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