Une nouvelle demande dans le prolongement des restitutions de 2021
Selon les autorités béninoises, les objets réclamés ont été emportés pendant la période coloniale. Le dossier comprend notamment la statue du dieu Gou, associée à l’ancien royaume du Dahomey et aux événements de 1892. Le Bénin avait déjà demandé son retour, sans obtenir gain de cause.
Cette démarche intervient après la restitution, en 2021, de 26 œuvres issues des trésors royaux d’Abomey. La nouvelle requête porte sur 35 biens culturels ; le gouvernement béninois indique également avoir engagé des démarches concernant des archives conservées dans les collections publiques françaises. ()
En juillet 2026, les autorités béninoises ont annoncé la création d’un comité scientifique national chargé de consolider le dossier et de préparer les travaux d’une commission conjointe franco-béninoise. Elles ont alors fait état d’un accueil favorable de la partie française à la demande, sans annoncer de décision définitive sur le retour des objets. ()
Le dieu Gou, une figure liée à la métallurgie
Parmi les pièces réclamées, la statue de Gou occupe une place particulière dans les traditions béninoises. Alain Godonou, directeur du programme Musées de l’Agence nationale de promotion des patrimoines et du tourisme, la présente comme une divinité majeure associée au fer, à la métallurgie et aux métiers qui contribuent au développement d’une société.
Pour les autorités béninoises, le retour de l’œuvre aurait une portée qui dépasse sa seule valeur patrimoniale. Alain Godonou estime que son absence prolongée pèse dans la mémoire collective et inscrit la restitution dans une démarche de réappropriation culturelle et de réconciliation avec le passé colonial.
Un cadre juridique désormais différent
La France a promulgué, le 9 mai 2026, une loi établissant une procédure pour restituer des biens culturels ayant fait l’objet d’une appropriation illicite. Le dispositif prévoit l’examen des demandes au cas par cas, avec l’appui d’un comité scientifique et l’avis de la Commission nationale de restitution des biens culturels. Il ne signifie donc pas que les œuvres réclamées seront automatiquement rendues. ()
La rencontre du 5 octobre entre Romuald Wadagni et Emmanuel Macron a permis d’évoquer le dossier, mais aucune décision n’a été rendue publique. La suite dépendra de l’examen des pièces et des échanges entre les deux pays. ()
Pour le Bénin, la restitution est aussi un enjeu de mémoire et d’identité culturelle. Alain Godonou la décrit comme une étape symbolique dans un processus plus large, tout en soulignant que le dialogue entre les deux pays doit se poursuivre au-delà du seul retour des œuvres.
Source : DW-WORLD´s French Homepage (www.dw.com)
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