À Madrid, des dizaines de milliers manifestent après le rejet des mesures sur le logement
Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté à Madrid pour réclamer des réponses à la crise du logement. Le rassemblement intervient alors que des mes proposées par le gouvernement de Pedro Sánchez, notamment sur les expulsions et les contrats de location, viennent d’être rejetées par les députés. Les organisateurs avaient toutefois prévu les défilés avant ce vote.
Une mobilisation aux estimations très éloignées
Plusieurs cortèges ont convergé vers une grande place du centre de la capitale espagnole, derrière une banderole appelant à une « grève générale ». Les autorités ont comptabilisé environ 70 000 participants. Le syndicat des locataires, à l’origine du mouvement, avance pour sa part le chiffre de 500 000.
La mobilisation se déroule dans un contexte de tensions autour du logement, alors qu’un campement réunissant une centaine de militants est installé depuis une semaine sur une place très fréquentée de Madrid. Dans les cortèges, des manifestants ont dénoncé la difficulté à conserver un logement face à la hausse des loyers et à l’incertitude sur le renouvellement des baux.
Adhara Freile, jardinière de 41 ans, vit avec son compagnon dans un appartement d’une pièce à Villaverde, un quartier éloigné du centre. Elle redoute de devoir partir à la fin de leur bail, l’année prochaine. Marcos Sainz, libraire de 26 ans, explique qu’il partageait auparavant avec des amis un trois-pièces loué 900 euros. Selon lui, un deux-pièces se loue désormais souvent autour de 1 000 euros.
Le rejet des mes ravive les tensions
Vendredi, les députés ont rejeté plusieurs textes défendus par le gouvernement. Ils prévoyaient notamment de suspendre jusqu’en 2030 les expulsions de personnes vulnérables, de prendre des mes contre certains fonds d’investissement qualifiés de « vautours » et de renouveler automatiquement les contrats de location.
Ce rejet a relancé les interrogations sur la suite de la législature, qui doit s’achever en 2027. Selon la presse espagnole, Pedro Sánchez s’est donné quelques jours pour évaluer la situation et décider s’il convoque ou non des élections anticipées.
La crise s’est aussi cristallisée autour de Maricarmen Abascal, une Madrilène de 87 ans expulsée la semaine précédente de l’appartement où elle vivait depuis 70 ans. La société immobilière qui avait acheté le logement aurait voulu augmenter son loyer de 275 %. Son expulsion est devenue un symbole du mal-logement en Espagne.
Des témoignages de précarité
Javier, installateur de panneaux photovoltaïques de 31 ans qui n’a pas souhaité donner son nom, dit partager un appartement de 90 mètres carrés avec trois autres personnes. Il affirme consacrer la moitié de son salaire à une petite chambre. Pour lui, la mobilisation exprime un besoin de logement décent et de stabilité.
Valeria Racu, porte-parole du syndicat des locataires, a présenté les manifestations comme le signe d’une nouvelle énergie populaire et critiqué l’action du gouvernement. Elle estime que la mobilisation doit se poursuivre dans la rue. Les manifestants, eux, ont notamment réclamé une régulation du marché locatif, alors que plusieurs d’entre eux disent craindre de devoir quitter Madrid.
Source : Politique (www.sudouest.fr)
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