
À la découverte des Nokotas, une race de chevaux rares en France
Le Nokota est une race de chevaux descendant de troupeaux libres du Dakota du Nord aux États-Unis. Montés par les peuples amérindiens des grandes plaines, les chevaux Nokotas ont frôlé l’extinction au 20ème siècle. Aujourd’hui, quelques passionnés en font l’élevage en France, dont un situé dans la Brenne.
Les chevaux Nokotas se sont bien acclimatés aux plaines du parc naturel régional de la Brenne, malgré leur origine lointaine. À Sainte-Gemme, dans l’Indre, Thibault Chevallier a fondé un élevage familial baptisé Blue Summer Ranch. « Son nom vient de nos premiers chevaux Nokotas, Summer Breeze et Flying Blue, achetés en 2015. Nous en avons importé petit à petit une dizaine depuis les États-Unis. Notre cheptel compte aujourd’hui 17 chevaux et, au fil des naissances, une ou deux par an, nous espérons contribuer à la sauvegarde de cette race rare et passionnante », explique-t-il.
La star du moment au Blue Summer Ranch est Wild Prairie Rose, née en janvier. En France, où l’on ne compte que sept élevages regroupés au sein de l’association Nokota Horse Europe, chaque naissance est saluée comme une victoire.
L’histoire des Nokotas est fascinante et tragique. On retrace leurs ancêtres aux poneys de chasse et de guerre des peuples amérindiens, notamment aux chevaux de Sitting Bull lors de la célèbre bataille de Little Big Horn. Si les hommes de Sitting Bull ont remporté la bataille, ils ont perdu la guerre, et leurs 250 chevaux leur ont été confisqués.
Le marquis de Morès, aventurier français, a racheté une partie des chevaux pour les élever en libre pâturage. Au cours du 20ème siècle, les derniers chevaux sauvages du Dakota du Nord ont été enfermés dans le parc national Théodore Roosevelt, où ils étaient traqués et souvent tués. Ce n’est qu’à la fin des années 80 et 90 que deux frères, Léo et Frank Kuntz, ont pris conscience de leur valeur historique et ont contribué à la création du Nokota Horse Conservancy.
Actuellement, il resterait moins de 500 reproducteurs de cette race dans le monde, dont une centaine en Europe. Le travail des éleveurs est donc précieux. « On pense que l’utilisation des Nokotas par les Sioux leur a donné un tempérament particulier, ils nouent un lien extrêmement fort avec leur cavalier », précise Thibault Chevallier.
Les Nokotas, peu soumis à des sélections génétiques, sont décrits comme des « diamants bruts », curieux et attentifs à leur confort. Ce mercredi 22 avril, le Blue Summer Ranch a accueilli des passionnés et experts des Nokotas pour tourner des images en vue d’un documentaire sur la préservation de cette race captivante.
Propos recueillis à Sainte-Gemme par Jean-Philippe Elme et Vincent Billy.





