La mort devant soi : étude sur les perceptions de la fin de vie en France
La Mort devant soi : une exploration sociologique de la maladie, de la vieillesse et de la mort
L’enquête autobiographique de Rose-Marie Lagrave, intitulée La Mort devant soi, aborde la maladie, la vieillesse et la mort, des épreuves de la vie considérées comme universelles. Lagrave propose une réflexion sociologique et féministe sur ces événements inévitables, invitant chacun à envisager sa propre existence à travers le prisme de la socioanalyse. Cette approche vise à repolitiser les enjeux du care, du vieillissement et du système de santé publique.
L’autrice mêle descriptions sensibles et introspections réflexives pour interpréter des moments douloureux, tels que l’annonce d’une maladie grave, la perte d’autonomie d’une sœur et l’agonie du père de ses enfants. Ces expériences, vécues sur une période resserrée, sont consignées rapidement pour en faire un matériau empirique. Dans son précédent ouvrage, Se ressaisir, Lagrave voyait la vieillesse comme une phase émancipatrice. Aujourd’hui, elle met en évidence la dissonance entre l’élan vital et le lâcher-prise corporel, tout en soulignant l’indignité sociale envers les personnes âgées et le droit de chacun à choisir le moment et la manière de mourir lorsque la vie devient insupportable.
Lagrave mobilise un éventail d’approches issues des sciences sociales, de la littérature et du cinéma pour déconstruire les discours dominants sur la retraite, remettre en question l’injonction à « vieillir heureux » et aborder les tabous entourant le « droit à mourir ». En proposant une réflexion sur un enchevêtrement de faits sociaux et d’expériences vécues, son ouvrage permet de sortir la vieillesse et la maladie d’un discours angoissant lié à la mort.
Cette réflexion s’inscrit dans un contexte où la population vieillissante soulève des questions de santé publique et de politiques sociales. Selon l’INSEE, d’ici 2050, la part des personnes âgées de 65 ans et plus devrait atteindre 26% de la population française, rendant ainsi plus pressantes les discussions sur le vieillissement et les soins.
La publication de La Mort devant soi apparaît comme une contribution significative à ce débat, incitant à repenser les normes sociales et les attentes liées à la vieillesse et à la fin de vie.
Source : Cairn.info
