Jean-Marc Jancovici propose une nouvelle approche pour la Convention citoyenne sur le climat.
Un Commun accord : Jean-Marc Jancovici réinvente la Convention citoyenne pour le climat
L’initiative d’assemblée citoyenne, intitulée Un Commun accord, lancée par l’ingénieur Jean-Marc Jancovici, a rencontré un vif succès. Le 17 septembre, plus de 175 000 personnes avaient soutenu la campagne de financement participatif lancée le 26 août pour accompagner ce projet. Ce dernier vise à réunir 150 citoyens tirés au sort, représentatifs de la société française, pour débattre sur des questions écologiques, budgétaires et sociétales lors de six weekends à Paris.
Les discussions débuteront les 19 et 20 septembre, avec pour objectif de nourrir le débat en vue de l’élection présidentielle d’avril et mai 2027. Les participants pourraient, s’ils le décident, présenter leurs propositions aux candidats à la présidence. Ce projet, soutenu par diverses personnalités publiques et piloté par Audrey Cerdan, rédactrice en chef climat de France Télévisions, se veut apolitique.
Jean-Marc Jancovici a déclaré que l’objectif est de voir sur quoi les citoyens peuvent s’accorder, malgré la complexité des enjeux. Parmi les dilemmes à trancher figurent des questions telles que le choix entre des automobiles moins chères mais importées, ou des véhicules français plus coûteux pour soutenir l’emploi local. Des auditions d’experts, comme la paléoclimatologue Valérie Masson-Delmotte, sont également prévues.
Cette initiative fait écho à la Convention citoyenne pour le climat (CCC) de 2019-2020, où 150 citoyens avaient formulé des propositions qui ont conduit à la loi climat et résilience de 2021. Cependant, seulement 16 % des mes de la CCC sont actuellement appliquées, soulevant des interrogations sur la différence entre ces deux assemblées et leur impact potentiel sur le débat public.
Les ONG interrogées estiment que donner la parole aux citoyens est crucial en période d’urgence climatique. Anne Bringault, directrice des programmes au Réseau Action Climat, souligne que le mandat des participants diffère de celui de la CCC, qui avait été initiée par le président Emmanuel Macron avec un engagement à transmettre les propositions au Parlement.
Jean Burkard, directeur du plaidoyer au WWF-France, exprime des doutes sur l’impact de cette nouvelle assemblée, tout en reconnaissant son potentiel pour éveiller les consciences. Grégoire Fraty, ex-membre de la CCC, appelle à éviter de « réinventer la poudre », rappelant l’urgence d’agir.
Le budget d’Un Commun accord est estimé à 3 millions d’euros, financé par des dons de particuliers. La transparence concernant les donateurs reste un enjeu, alors que des critiques émergent sur le lien entre ce projet et le Shift Project, connu pour ses positions pro-nucléaires.
Cette initiative pourrait influencer le débat politique à l’approche des élections, mais des questions demeurent quant à sa capacité à produire des résultats concrets.
Source : Reporterre
