Mort annoncée de Natacha Rey : la complosphère anti-Brigitte Macron en deuil (ladepeche.fr)
Mort de Natacha Rey : de la rumeur sur Brigitte Macron à son amplification par l’extrême droite américaine
Le fait principal
Natacha Rey, l’une des principales propagatrices de la fausse rumeur visant l’identité de Brigitte Macron, est décédée le 13 septembre 2026. Selon 20 Minutes, qui indique avoir confirmé le décès auprès de membres du diocèse, ses obsèques ont été célébrées vendredi 18 septembre à Saintes, en Charente-Maritime.
Xavier Poussard a annoncé sa mort le 18 septembre, évoquant un cancer. Cette cause du décès reste attribuée à son annonce. Aux États-Unis, l’influenceuse d’extrême droite Candace Owens lui a rendu hommage, rappelant la dimension internationale prise par cette campagne de désinformation. (ladepeche.fr)
Ce qui s’est passé
Natacha Rey se présentait comme journaliste indépendante. En décembre 2021, un entretien diffusé sur YouTube avec la médium Amandine Roy avait fortement amplifié ses affirmations : Brigitte Macron aurait usurpé l’identité de son frère, Jean-Michel Trogneux. Une construction complotiste, pas une révélation établie. Jean-Michel Trogneux est bien le frère de Brigitte Macron. (ladepeche.fr)
L’affaire avait conduit à des poursuites pour diffamation. En septembre 2024, Natacha Rey et Amandine Roy avaient été condamnées en première instance à une amende de 500 euros avec sursis. La cour d’appel de Paris les avait ensuite relaxées le 10 juillet 2025. Ces deux étapes doivent être rapportées ensemble : mentionner la condamnation en escamotant la relaxe serait trompeur. (20minutes.fr)
L’inverse l’est tout autant. Cette relaxe n’a pas établi la véracité de leurs affirmations. Les motivations de l’arrêt, consultées par l’AFP, portaient sur la qualification juridique des propos et, pour un passage, sur le bénéfice de la bonne foi. Brigitte Macron, son frère et le ministère public avaient ensuite formé des pourvois en cassation. (leparisien.fr)
Le contexte
La rumeur n’est pas restée confinée aux réseaux français. Candace Owens l’a relayée aux États-Unis, notamment dans sa série Becoming Brigitte. Une affirmation sans fondement a ainsi changé de langue et d’audience, sans acquérir pour autant la moindre valeur supplémentaire. (ladepeche.fr)
Le 23 juillet 2025, Emmanuel et Brigitte Macron ont engagé une procédure en diffamation contre Owens devant la justice du Delaware. Leur plainte dénonce une campagne de mensonges exploitée pour développer son audience. Il s’agit de l’accusation des plaignants, non d’une conclusion judiciaire. Owens a contesté cette procédure. (apnews.com)
Le dossier américain a encore donné lieu, le 27 juillet 2026, à des arguments de la défense contestant le recours aux tribunaux du Delaware. Cette bataille procédurale ne doit pas être confondue avec une décision sur la véracité des affirmations diffusées. (news.bloomberglaw.com)
Les chiffres à retenir
- Décembre 2021 : diffusion de l’entretien entre Natacha Rey et Amandine Roy qui contribue à populariser la rumeur. (ladepeche.fr)
- 500 euros avec sursis : l’amende prononcée en première instance en septembre 2024, avant la relaxe en appel. (20minutes.fr)
- 10 juillet 2025 : la date de cette relaxe, qui ne valide pas le récit complotiste. (leparisien.fr)
- 13 et 18 septembre 2026 : les dates du décès et des obsèques rapportées par 20 Minutes.
Ce que cela révèle
La première manipulation documentée concerne la justice. Après la relaxe, des soutiens des prévenues ont présenté la décision comme la confirmation de leur récit. L’AFP a établi que l’arrêt ne disait rien de tel. Le tribunal avait tranché une question de diffamation ; les propagateurs de la rumeur lui ont fait signer une biographie imaginaire. (leparisien.fr)
La réaction de Candace Owens illustre un autre retournement. Dans son hommage, elle accuse le couple Macron d’avoir harcelé Natacha Rey par la voie judiciaire. C’est son interprétation militante, pas un fait établi par cet hommage. La mécanique est commode : diffuser une accusation devient du courage ; demander réparation devient de la persécution. (ladepeche.fr)
Sur le fond, le problème n’est évidemment pas qu’une personne puisse être transgenre. C’est de fabriquer une identité cachée et de présenter la transidentité comme un scandale. Combattre cette logique n’impose aucune indulgence envers la politique d’Emmanuel Macron. La critique sociale et politique n’a pas besoin d’une fiction familiale pour être radicale.
Ce qu’il faut retenir
Le décès de Natacha Rey, confirmé par 20 Minutes, clôt un parcours personnel. Il ne transforme pas ses affirmations en faits. Et sa relaxe en appel n’a jamais constitué un certificat de vérité. Respecter une personne décédée n’oblige pas à réhabiliter les rumeurs qu’elle a propagées. (leparisien.fr)
