Suisse : malgré les perturbations, Vincent Ducrot défend la qualité du réseau CFF
Suisse : après la panne, les CFF présentent leurs excuses, mais ferment la porte à une baisse des tarifs
Le fait principal
Des excuses, mais pas de baisse des prix. Après la paralysie ferroviaire survenue jeudi 17 septembre 2026 entre Renens et Morges, Vincent Ducrot, directeur des Chemins de fer fédéraux suisses (CFF), a défendu son entreprise vendredi 18 septembre au 19h30 de la RTS. Il reconnaît des insuffisances dans l’information aux voyageurs, mais renvoie les demandes de compensation au dispositif d’indemnisation existant. (blick.ch)
La ligne Genève-Lausanne attendra donc une amélioration du service sans obtenir le geste tarifaire réclamé. Une bonne moyenne nationale reste un argument de direction. Elle ne constitue pas un moyen de transport de remplacement.
Ce qui s’est passé
À l’origine de la panne : un oiseau pris dans les installations électriques, provoquant un court-circuit et un incendie. La perturbation ferroviaire s’est doublée d’une difficulté routière. Selon Vincent Ducrot, les bus de remplacement n’ont pas pu arriver en raison de la fermeture de l’autoroute, elle aussi touchée par l’incendie. Le dispositif de secours s’est retrouvé bloqué à son tour. (blick.ch)
Dans l’entretien retranscrit par la RTS, le directeur as que les systèmes internes des CFF étaient en alerte sept minutes après le début de la panne. Il présente ses excuses et insiste sur la mobilisation des équipes. Sur l’information aux voyageurs, en revanche, il concède : Là, je le concède, on doit faire mieux.
Cette reconnaissance est importante. Déclencher rapidement une alerte interne et permettre aux voyageurs de comprendre comment poursuivre leur trajet sont deux choses différentes. La première ne garantit pas la seconde.
Le contexte
La région de Morges concentre plusieurs usages du rail : trains grandes lignes, dessertes régionales et transport de marchandises. Les CFF décrivent ce secteur comme l’un des plus chargés de la ligne Lausanne-Genève. La question dépasse donc l’incident isolé : elle concerne la capacité d’un axe très sollicité à absorber une perturbation. (company.sbb.ch)
Une nouvelle double voie entre Morges et Perroy doit constituer une première étape vers une nouvelle ligne Lausanne-Genève. La fiche officielle du projet prévoit environ 13 kilomètres d’infrastructure, dont environ 10 kilomètres en tunnel. Elle précise toutefois qu’il n’existe pas encore de calendrier de réalisation arrêté. L’horizon 2043 au plus tôt, évoqué dans l’entretien, ne doit donc pas être confondu avec une date d’ouverture garantie. (company.sbb.ch)
Vincent Ducrot conteste toute relégation du projet. Pour expliquer la longueur des procédures, il cite, dans l’entretien à la RTS, des travaux entre Zurich et Winterthour décidés en 1999. Son argument porte sur la complexité des études, des autorisations et du chantier. Il explique un délai ; il ne règle pas les difficultés du prochain trajet.
Les chiffres à retenir
- 94 % : la proportion de trains arrivant avec moins de trois minutes de retard en Suisse, selon le chiffre avancé par Vincent Ducrot à la RTS. Il s’agit d’un indicateur national, pas d’un bilan spécifique de l’axe Genève-Lausanne.
- 600 trains par jour : le trafic entre Renens et Bussigny cité par le directeur dans ce même entretien.
- Les trois quarts des interruptions : la part attribuée à des causes externes sur Genève-Lausanne. La dépêche de l’ATS précise le périmètre : neuf interruptions sur douze depuis le début de l’année, selon Vincent Ducrot. (blick.ch)
- 25 % et 50 % : l’indemnisation du prix d’un billet individuel pour un retard d’au moins une heure, puis d’au moins deux heures. La page officielle des CFF prévoit des règles distinctes pour les autres titres de transport et précise les conditions de versement. (sbb.ch)
- 2043 au plus tôt : l’horizon présenté pour le premier maillon de la nouvelle ligne. Une perspective de long terme, pas une réponse aux perturbations immédiates. (blick.ch)
Ce que cela révèle
Le bilan national et l’expérience locale ne se contredisent pas nécessairement. Un réseau peut afficher une ponctualité élevée tout en laissant certains voyageurs subir des interruptions répétées. Le chiffre de 94 % invoqué par Vincent Ducrot ne suffit donc pas, à lui seul, à répondre aux critiques portant sur une ligne précise.
Autre distinction essentielle : indemniser un retard important n’équivaut pas à compenser une dégradation répétée du service. Le barème des billets individuels commence à une heure de retard. Il ne répond donc pas, par ce mécanisme, à l’accumulation éventuelle de retards inférieurs à ce seuil. (sbb.ch)
Enfin, identifier une cause externe ne clôt pas la discussion sur la gestion de crise. L’oiseau explique le déclenchement de l’incident. Il ne répond pas à la question de l’information disponible ni à celle des solutions de remplacement. Sur ces deux points, les difficultés sont reconnues par la direction elle-même. (blick.ch)
Défendre le service public ferroviaire ne suppose pas de transformer chaque statistique favorable en bouclier contre la critique. Cela implique aussi d’exiger des informations utilisables, des solutions de secours et des investissements capables de rendre le réseau moins vulnérable.
Ce qu’il faut retenir
Vincent Ducrot défend la qualité globale des CFF, présente ses excuses et promet une meilleure information. Il refuse cependant une baisse tarifaire et maintient que le projet Morges-Perroy avance normalement. (blick.ch)
Le vrai test n’est pas de savoir si la moyenne nationale est flatteuse. C’est de savoir comment le service tient lorsque tout se dérègle. Les voyageurs n’attendent pas seulement une explication de la panne. Ils attendent de pouvoir rentrer.
