Lycée forme des jeunes agriculteurs à gérer la sécheresse en France.
L’avenir, ça m’inquiète, mais il faut rester positif : un lycée agricole face à la sécheresse
Après un été catastrophique marqué par la sécheresse et la canicule, la rentrée des lycées agricoles s’annoncent difficile. À Saint-Yrieix-la-Perche, les enseignants et élèves se préparent à un avenir incertain pour l’agriculture.
Le lycée agricole de la Faye accueille une nouvelle classe de troisième, majoritairement issue de familles d’agriculteurs. Les récentes conditions climatiques ont laissé des traces. Un agriculteur témoigne : « C’était compliqué, il fallait emmener l’eau sur les parcelles où il n’y en avait pas. On a entamé le fourrage plus tôt que les autres années. Ça a été dur. Les années vont se réchauffer, donc ça va empirer. »
Face à cette réalité, l’équipe pédagogique s’efforce de maintenir une attitude positive. Depuis plusieurs années, l’enseignement s’adapte au réchauffement climatique. Laurent Pouil, le directeur, souligne : « Plus on va avancer, moins on pourra reproduire ce que les générations d’avant ont fait parce que le contexte et l’environnement évoluent. Notre rôle est de bousculer certaines représentations et d’amener les élèves à avoir un regard critique sur les pratiques. »
L’exploitation agricole du lycée, où les cours pratiques se déroulent, a également souffert des conditions climatiques extrêmes. David Mazzucchelli, responsable de l’exploitation, indique que les conséquences sont importantes, notamment sur la production herbagère et céréalière, ainsi que sur la qualité du sol.
Pour faire face à ces défis, les enseignants cherchent à transmettre des connaissances techniques sur le réchauffement. Clara Lasternas, professeur de zootechnie, précise qu’ils multiplieront les visites pour que les élèves découvrent d’autres systèmes agricoles.
Des essais sont également réalisés sur place avec l’introduction de cultures plus résistantes à la sécheresse, telles que le moha, le millet et le sorgho. Cependant, les résultats sont mitigés. Nicolas Cartier, professeur en agroéquipement, explique que certaines plantes atteignent à peine vingt centimètres, tandis que d’autres n’ont pas survécu.
Le défi est immense. Les élèves sont encouragés à développer des solutions innovantes, comme la combinaison de semences pour mieux résister aux effets de la sécheresse. Le menu de la rentrée comprend aussi des formations sur la gestion des ressources en eau et l’installation de ventilateurs dans les stabulations.
Cette situation souligne l’importance d’une adaptation continue et d’une collaboration intergénérationnelle pour faire face à la crise climatique.
Source : France Télévisions
