Ruben Torres, mort au Honduras après un refus d’asile en France et une OQTF
Son désespoir l’a emporté sur sa peur : hommage à Ruben Torres
Un hommage en mémoire de Ruben Torres, un Hondurien de 37 ans, a eu lieu mercredi 20 mai sur le Parvis des droits de l’Homme à Bordeaux. Il a été retrouvé sans vie au Honduras après être rentré dans son pays, ayant échoué à obtenir l’asile en France.
Plus d’une centaine de personnes se sont rassemblées pour honorer la mémoire de Ruben, dont le corps a été découvert en mars, une semaine après son retour à Tegucigalpa, capitale du Honduras. Celui-ci était sous le coup d’une obligation de quitter le territoire (OQTF) en France.
Sur le Parvis des droits de l’Homme, une minute de silence a été observée, en présence de son demi-frère, en larmes. Un portrait de Ruben a été exposé, accompagné de bougies allumées. Arrivé en Gironde en 2024 pour fuir les menaces d’un chef de gang au Honduras, sa demande d’asile a été rejetée par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) ainsi que par la Cour nationale du droit d’asile (CNDA).
Pierrette Moreno, militante associative, a déclaré : « Les droits humains ne sont pas respectés pour les demandeurs d’asile. Il faut que les migrants apportent la preuve du danger qui les menace. Mais ils ne peuvent que faire des déclarations orales ! C’est absurde. »
En septembre 2025, Ruben Torres a reçu une OQTF, comme l’a révélé le journal Libération. Selon son avocat, Me Pierre-Antoine Cazau, Ruben se sentait « à l’étroit » chez son demi-frère et était entré dans une situation de dépression. En février 2026, il a décidé de retourner au Honduras avec l’idée de retenter une demande d’asile. « Il a pris le risque de repartir. Son désespoir l’a emporté sur sa peur », a résumé Me Cazau.
La famille conteste l’hypothèse d’un accident, à laquelle l’autopsie a conclu. Ruben avait déclaré devant l’Ofpra qu’il était menacé par un chef mafieux, qui avait été emprisonné pour assassinat avant de s’évader.
Alain Espinasse, directeur général de l’Ofpra, a déclaré à l’AFP : « Un homme est mort, et c’est une tragédie en soi. » Il a défendu les décisions prises par l’Ofpra, affirmant qu’elles résultaient d’une analyse sérieuse et que les demandeurs d’asile doivent apporter des éléments concrets pour établir la réalité des risques encourus.
En 2025, 151.665 demandes d’asile ont été enregistrées en France, avec 78.782 mes de protection accordées par l’Ofpra et, après appel, par la CNDA.
Source : AFP
