Rapport Pisa : L’école doit émanciper les élèves, selon l’OCDE
Rapport Pisa : « L’école doit émanciper, pas simplement classer »
Le rapport Pisa, publié début septembre 2026, révèle une chute significative des performances des élèves français de 15 ans. La France affiche 456 points en compréhension de l’écrit, soit une baisse de 18 points par rapport à 2022, et 458 points en mathématiques, en recul de 16 points. Actuellement, 36 % des élèves rencontrent des difficultés en mathématiques et 33 % en lecture, des résultats parmi les plus faibles jamais observés.
Cette situation soulève des questions quant à la responsabilité des enseignants. Pour véritablement inverser cette tendance, il est crucial que la France investisse davantage dans ses établissements scolaires, en particulier dans le corps enseignant. Depuis plusieurs années, les réformes successives et les modifications de programmes n’ont pas apporté les résultats escomptés. Une école performante nécessite des professeurs en nombre suffisant, bien formés et correctement rémunérés.
Enseigner dans de meilleures conditions
La nécessité d’améliorer les conditions d’enseignement est urgente. Dans de nombreux collèges et lycées, un enseignant doit gérer simultanément jusqu’à 30 élèves, souvent de niveaux très variés. Réduire le nombre d’élèves par classe et favoriser les cours en demi-groupes sont des mes essentielles. À 15 élèves par classe, un enseignant peut mieux identifier les difficultés individuelles et offrir un accompagnement adapté.
Cependant, le recrutement d’enseignants qualifiés reste un défi majeur. Selon l’OCDE, en 2024, le salaire effectif des enseignants français dans le premier degré était inférieur de 26 % à celui des autres diplômés du supérieur, et de 18 % dans le premier cycle du secondaire. Après quinze ans de carrière, cet écart persiste.
Rémunérer comme des professionnels hautement qualifiés
Pour attirer les meilleurs étudiants vers l’enseignement, il est impératif de revaloriser la profession. Une rémunération équitable est essentielle pour garantir une carrière attrayante sur le long terme. Le recours aux contractuels et vacataires ne peut pas constituer une solution durable. Une école ambitieuse doit pouvoir attirer des étudiants de qualité, leur fournir une formation rigoureuse et leur offrir des perspectives de carrière.
Une relation davantage fondée sur la confiance professionnelle
Il est également nécessaire de renforcer la formation initiale et continue des enseignants, de leur accorder plus de temps de préparation et de réduire les tâches administratives. Cela nécessite des ressources financières adéquates. Contrairement à une idée reçue, la France ne dépense pas des sommes exorbitantes par élève. En 2022, les dépenses par élève dans l’enseignement élémentaire étaient de 13 % inférieures à la moyenne de l’OCDE, et de 5 % inférieures dans le premier cycle du secondaire.
Pisa, pas un thermomètre neutre
Il est crucial de remettre en question l’objectivité des classements Pisa. Ces évaluations ment principalement les performances des élèves en compréhension de l’écrit, mathématiques et sciences, mais ne tiennent pas compte de nombreux aspects de l’éducation, tels que la créativité ou le plaisir d’apprendre. Les résultats de certains pays, comme ceux d’Asie de l’Est, peuvent refléter une culture de performance axée sur les tests plutôt qu’une véritable qualité éducative.
Regarder davantage du côté de l’Unesco
Il est temps de se tourner vers l’Unesco, qui considère l’éducation comme un droit et un instrument d’émancipation. Cette approche prend en compte des dimensions souvent négligées par les classements, comme l’équité et la qualité des interactions pédagogiques.
En conclusion, pour construire une école qui élève réellement le niveau, il est impératif de ne pas se limiter aux chiffres de Pisa. Il est temps de doter les enseignants des moyens nécessaires pour faire de l’éducation un véritable outil d’émancipation.
Source : La Croix
