Le télescope spatial Roman de la NASA commence sa mission de cartographie de l’Univers.
La NASA lance le télescope spatial Roman pour cartographier l’univers
La NASA a procédé au lancement de son nouveau télescope spatial, le Roman, le dimanche 30 août 2026. Cet appareil a pour mission de réaliser une cartographie approfondie du cosmos, une entreprise qui s’étendra sur plusieurs années et vise à éclaircir certains des plus grands mystères de la physique.
Le lancement a eu lieu à 07H26 (11H26 GMT) depuis le Centre spatial Kennedy en Floride, à bord d’une fusée Falcon Heavy de SpaceX, comme l’a rapporté l’agence spatiale américaine.
Le président américain Donald Trump a déclaré lors d’une cérémonie à la NASA que le télescope « permettra de percer les secrets de l’univers » et fournira « à la Terre un nouvel atlas de l’univers », un point également souligné par Jared Isaacman, chef de la NASA, lors de la présentation du télescope en avril.
Étudier l’invisible
Le télescope Roman possède un champ de vision plus de 100 fois supérieur à celui d’Hubble, lui permettant de couvrir de vastes zones du ciel depuis un point d’observation situé à 1,5 million de kilomètres de la Terre, qu’il atteindra après environ 100 jours de voyage.
Conçu pour fonctionner en complément d’autres instruments comme le télescope James Webb, il a pour objectif de découvrir des milliers d’exoplanètes et des dizaines de milliers de supernovas. Selon Dave Content, responsable technique du télescope, il s’agira du « plus grand catalogue d’objets astronomiques jamais réalisé », facilitant la compréhension de la fréquence des systèmes solaires similaires au nôtre.
Le télescope Roman se penchera également sur des phénomènes invisibles tels que la matière et l’énergie noires, qui, selon les estimations, constitueraient 95 % de l’univers. La matière noire est souvent perçue comme un ciment gravitationnel, tandis que l’énergie noire est considérée comme une force répulsive contribuant à l’expansion de l’univers.
Dire sans ambiguïté si le modèle fonctionne ou pas
Grâce à sa capacité d’observation infrarouge, le télescope pourra détecter des lumières émises par des objets célestes il y a des milliards d’années, permettant ainsi de remonter dans le temps pour mieux les analyser.
Ces observations viendront compléter celles de l’observatoire Rubin au Chili et de la sonde Euclid de l’Agence spatiale européenne (ESA). Les scientifiques s’attendent à ce que ces données remettent en question la compréhension actuelle de la structure de l’univers, notamment après avoir constaté que « l’expansion de l’univers à ses débuts n’était pas tout à fait cohérente avec ce que nos modèles prévoyaient », selon Julie McEnery, astrophysicienne responsable du télescope Roman.
Elle a ajouté que ce télescope permettra de déterminer clairement si le modèle standard de l’univers est valide ou non, fournissant des données suffisamment précises pour explorer d’autres pistes d’explication.
Les données recueillies par le télescope seront accessibles au grand public et aux scientifiques du monde entier. Toutefois, ces informations seront d’une taille considérable, rendant leur traitement complexe.
La NASA anticipe que les découvertes les plus marquantes du télescope Roman « seront une surprise, quelque chose que nous ne pouvions pas prévoir, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles questions ».
Source : Sciences et Avenir.
