Sécheresse et canicules : les récoltes de pommes et poires fortement diminuées en France.
Sécheresse et canicules : les récoltes de pommes, poires, noisettes paient le prix d’un été 2026 hors normes
Depuis la fin du printemps, la France a connu une succession d’épisodes de chaleur intense, accompagnés de très peu de pluies durables. La sécheresse des sols s’est aggravée tout au long de l’été et demeure exceptionnelle en cette mi-septembre, malgré quelques orages à la fin août. Les restrictions d’irrigation touchent plusieurs bassins agricoles, et aucune perspective de retour durable des pluies n’est envisagée à court terme.
Pour les arbres fruitiers, le problème ne se limite pas à un simple manque d’eau. Les températures élevées augmentent l’évaporation, forçant les arbres à réduire leur activité pour préserver leurs réserves. Cela entraîne un ralentissement de la photosynthèse, l’interruption du grossissement des fruits et, dans certains cas, la chute prématurée de ces derniers. Les fruits les plus exposés subissent également des brûlures dues à la chaleur.
Pommes : une récolte en baisse de 14 %
Au 1er septembre, la production française de pommes de table est estimée à 1,375 million de tonnes, marquant une baisse de 14 % par rapport à 2025. Les épisodes de canicule répétée ont réduit le potentiel des vergers, en plus d’une alternance naturelle après une bonne récolte l’an dernier et d’une diminution des surfaces cultivées. Les producteurs constatent une taille plus petite des pommes et des fruits brûlés par le soleil. Une partie de la récolte, ne répondant pas aux standards du marché frais, pourrait être réorientée vers la transformation.
Les poires sont-elles également touchées ?
Oui, la production française de poires de table est attendue en baisse de 10 % sur un an. Les fortes chaleurs ont limité le développement et le calibre des fruits, malgré une augmentation des surfaces cultivées. Toutefois, la récolte devrait rester supérieure d’environ 9 % à la moyenne des cinq dernières années, ce qui relativise cette baisse par rapport à l’excellente campagne de 2025.
Noix et noisettes : des récoltes très dépendantes de l’irrigation
Pour les noix, l’eau est cruciale durant tout l’été. Un déficit hydrique précoce peut réduire le calibre et, plus tard, entraîner des cerneaux mal remplis ou des noix creuses. Dans le bassin de la noix de Grenoble, les zones non irriguées ont particulièrement souffert cette année, avec des brûlures observées sur les fruits. Quant aux noisettes, le bilan national pour 2026 n’est pas encore consolidé. Dans le Sud-Ouest, les vergers bien irrigués ont conservé un potentiel satisfaisant en début d’été, mais les fortes chaleurs et le stress hydrique menacent le remplissage et le calibre des fruits.
Faut-il craindre une hausse des prix cet automne ?
Une baisse des récoltes ne conduit pas nécessairement à une augmentation des prix. D’autres facteurs, tels que les stocks, les importations et les récoltes européennes, influencent également les prix. Cependant, la rareté des gros calibres et des fruits conformes aux standards du marché frais pourrait avoir un impact sur les prix cette année.
La sécheresse de 2026, qui a déjà affecté le maïs, le tournesol, les prairies et la vigne, se fait désormais ressentir dans les récoltes de fruits d’automne. En l’absence de pluies dans les semaines à venir, ses effets pourraient perdurer au-delà des récoltes actuelles, fragilisant les arbres avant la prochaine saison.
Source : Agence France-Presse
