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Selon Chișinău, 71 % des exportations transnistriennes partent vers l’Union européenne

La Transnistrie reste politiquement séparée de la Moldavie, mais ses échanges commerciaux passent de plus en plus par Chișinău et par le marché européen. Alors que l’Union européenne a ouvert deux volets de négociation avec la Moldavie en 2026, Bruxelles et les autorités moldaves avancent vers l’intégration économique sans attendre le règlement du statut de la région.

A classic view of the iconic Cosmos Hotel in Chișinău, Moldova against the blue sky.
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Des échanges déjà tournés vers l’Union européenne

European Parliament building in Strasbourg with a famous sign in front.
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La région séparatiste, dont Tiraspol est la capitale, n’est reconnue par aucun État. Elle conserve ses institutions et sa monnaie, et accueille une garnison russe. Mais sur le plan commercial, ses liens avec l’Union européenne se sont renforcés depuis l’extension, en 2015, de l’accord de libre-échange entre l’UE et la Moldavie à l’ensemble du territoire moldave. Pour accéder au marché européen, les entreprises de la rive gauche du Dniestr doivent faire enregistrer leurs marchandises auprès des douanes moldaves.

Selon les autorités moldaves, 71 % des exportations de la région étaient destinées à l’UE en 2025. Ce chiffre, supérieur à la part des exportations moldaves envoyées vers le marché européen en 2025, illustre le poids des échanges avec l’Union dans l’économie transnistrienne. Depuis janvier 2024, les entreprises de la région acquittent aussi des droits de douane auprès de Chișinău. (gov.md)

Les mesures fiscales se sont étendues en 2026. Depuis le 1er septembre, certains produits importés dans la région — notamment l’alcool, le tabac, les parfums et les bijoux — sont soumis à la TVA et aux droits d’accise moldaves. Le gouvernement prévoit d’élargir progressivement la liste des marchandises concernées en 2027, notamment aux produits pétroliers et aux métaux. (gov.md)

L’adhésion moldave avance sans règlement préalable

En juin 2026, l’UE a ouvert les négociations sur le premier volet, consacré aux « fondamentaux », puis, en juillet, celles portant sur les relations extérieures. Ces étapes ne sont pas conditionnées par un accord sur la Transnistrie. La Commission européenne a également indiqué que la Moldavie était techniquement prête à ouvrir les six volets de négociation, tandis que Chișinău souhaite achever la phase technique d’ici à la fin de 2028. (consilium.europa.eu)

Le principe défendu par Bruxelles et Chișinău est de poursuivre l’adhésion à l’UE et le règlement du conflit en parallèle. Le précédent de Chypre est souvent évoqué : l’île a rejoint l’Union en 2004 alors que son territoire demeurait divisé. Mais la comparaison ne règle pas les difficultés propres à la Moldavie, où les troupes russes sont toujours présentes et où le pouvoir économique est fortement concentré.

Le conglomérat Sheriff occupe une place majeure dans l’économie transnistrienne, des supermarchés aux médias et à l’industrie. Son parti allié, Obnovlenie, domine le Conseil suprême régional. Cette concentration du pouvoir et des intérêts économiques coexiste avec des liens commerciaux croissants avec l’UE, sans que la région ait changé de statut politique.

Une dépendance énergétique fragilisée

Pendant des décennies, le gaz russe a soutenu l’économie de la région. Une partie alimentait la centrale de Cuciurgan, qui produisait de l’électricité vendue à la rive droite du Dniestr. Les recettes de ces ventes représentaient environ 60 % du budget de Tiraspol, selon les éléments rapportés par Voxeurop.

La fin du transit du gaz russe par l’Ukraine, le 1er janvier 2025, a interrompu ce système. Chauffage coupé, industrie à l’arrêt et pénuries de gaz ont alors marqué la région. Les approvisionnements ont ensuite repris par un circuit commercial impliquant une société enregistrée en Suisse et une société basée à Dubaï. Tiraspol affirme que les paiements proviennent d’un prêt russe, mais Moscou n’a pas confirmé cette version. Des interruptions ont de nouveau touché les livraisons en 2026.

Cette fragilité énergétique renforce l’incertitude sur les ressources de Tiraspol et sur la capacité de Moscou à soutenir durablement la région. Elle n’a toutefois pas fait disparaître l’influence russe, notamment militaire. Les estimations des effectifs russes sur place varient selon les déclarations citées par Voxeurop.

Une réintégration encore incertaine

Les signes d’évolution de l’opinion locale restent à interpréter avec prudence. Un sondage en ligne mené entre février et avril 2026 par Zona de Securitate et WatchDog.MD indique que 53 % des répondants de la rive gauche soutiendraient une réintégration à la Moldavie lors d’un référendum hypothétique, contre 45 % en 2024. Cette enquête ne suffit pas, à elle seule, à établir une évolution générale de l’opinion.

Les obstacles restent nombreux : la présence militaire russe, les intérêts du réseau Sheriff, les difficultés économiques et les tensions autour des langues et de l’identité. L’intégration commerciale rapproche la Transnistrie du cadre moldave et européen, mais elle ne vaut ni réunification politique ni règlement du conflit. L’issue dépendra aussi des réformes moldaves et de l’évolution de la guerre en Ukraine.


Source : Voxeurop (voxeurop.eu)

Article original : Consulter la source originale

Auteur : Adrian Burtin

Cédric Balcon-Hermand
À PROPOS DE L’AUTEUR

Cédric Balcon-Hermand

Journaliste d’Artia13.city, président de l’association Artia13, auteur et éditeur sous le nom Cédric Balcon, ainsi qu’auteur-compositeur de musique.

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