Un Airbus A320 d’Aer Lingus reliant Dublin à Rome a été dérouté vers la base aérienne d’Évreux jeudi 5 novembre, après une alerte à la bombe. Les 151 passagers et les six membres d’équipage ont été mis en sécurité ; aucun explosif n’a été trouvé. Le parquet d’Évreux a ouvert une enquête sur les circonstances du déroutement et le refus présumé du pilote d’atterrir sur une base militaire.

Un déroutement vers la base d’Évreux

Le vol EI402 s’est posé vers 10 h 05 à la base aérienne 105, dans l’Eure. Selon Matignon, les autorités italiennes avaient prévenu Paris de la menace. Les gendarmes ont contrôlé les occupants tandis que les démineurs intervenaient.
D’après les éléments communiqués par le parquet d’Évreux, le pilote aurait d’abord refusé d’atterrir sur la base militaire et souhaité se poser sur un aéroport civil, à Beauvais ou à Nantes, selon France 3 Normandie. Matignon a confirmé ce refus et indiqué que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, avait ordonné l’interception de l’avion par des chasseurs.
Le procureur Rémi Coutin a ouvert une enquête visant le pilote pour une possible infraction au code des transports. Celui-ci doit être entendu en audition libre ; une garde à vue n’est pas exclue. Les raisons de son refus restent à éclaircir.
Douze vols concernés jeudi
L’incident s’inscrit dans une série d’alertes ayant perturbé des vols européens en début de semaine. Lundi, un appareil de Wizz Air reliant Londres à Sofia avait été dérouté vers Budapest. Mardi, une dizaine de vols ainsi qu’un paquebot de croisière en Grèce avaient été visés.
À la mi-journée jeudi, douze vols étaient concernés, notamment vers Sofia, Prague et Rome, selon l’AFP. Tous ont atterri sans encombre et aucun explosif n’a été découvert à bord. Ces incidents restent limités au regard du trafic : environ 25 000 vols étaient prévus en Europe ce jour-là, selon Eurocontrol.
Des menaces anonymes, sans auteur identifié
Plusieurs menaces ont été transmises par courriel. L’une a été adressée mardi au ministère bulgare de l’Intérieur ; une autre, jeudi, à l’aéroport de Prague. La police tchèque a jugé cette dernière peu crédible.
Pour les vols à destination de Rome, un message rédigé en italien aurait désigné l’avion d’Aer Lingus ainsi qu’un vol Finnair en provenance d’Helsinki. Il annonçait une explosion dans l’heure et se réclamait des « combattants de l’État masculin ». L’AFP n’a toutefois pas pu établir de lien entre ce courriel et le mouvement russe « Male State », interdit en Russie depuis 2021.
Aucun auteur n’a été identifié et les motivations des menaces demeurent inconnues. Le commissaire européen aux Transports, Apostolos Tzitzikostas, a estimé qu’il était trop tôt pour dire si les incidents étaient liés. Les enquêtes relèvent des États ; l’Union européenne facilite, elle, la circulation des informations entre eux.
Source : TF1 INFO – L'info pour tous et pour chacun (www.tf1info.fr)
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