Au Paraguay, l’opposition a déposé une demande de destitution visant le président Santiago Peña et son vice-président, Pedro Alliana. L’initiative intervient après la prise de contrôle d’Ueno Bank par la Banque centrale, dans un contexte de crise de solvabilité qui a empêché des clients d’accéder immédiatement à leurs dépôts.

Une demande déposée à la Chambre des députés

Le député Mauricio Espínola, dissident du parti conservateur au pouvoir, a indiqué que la demande avait recueilli 35 signatures, le nombre requis pour être déposée. Le document a été remis au président de la Chambre des députés. Une session extraordinaire a été convoquée pour jeudi matin, selon les informations communiquées au moment du dépôt.
Cette première étape ne suffit pas à lancer la procédure. Il faudrait que 53 des 80 députés approuvent la demande. Le parti de Santiago Peña détient la majorité dans la chambre basse, malgré des dissensions internes.
Si les députés donnent leur feu vert, le Sénat devra ensuite se prononcer sur l’accusation et sur une éventuelle destitution. Celle-ci nécessiterait 30 voix sur les 45 que compte la chambre haute.
La crise d’Ueno Bank au cœur des tensions
La Banque centrale du Paraguay a pris le contrôle d’Ueno Bank mardi, au lendemain de difficultés de solvabilité. L’établissement revendique 2,94 millions de clients. Des épargnants se sont retrouvés dans l’impossibilité d’accéder immédiatement à leur argent, tandis que des files d’attente se formaient devant des agences à Asunción.
La crise a également provoqué le départ de Carlos Carvallo, président de la Banque centrale. Il avait auparavant dirigé Ueno Bank et avait pris la tête de l’institution monétaire en 2023. Sa démission avait été réclamée par Santiago Peña.
Le président a, de son côté, assuré dans une vidéo publiée sur X que le système financier était solide et disposait de mécanismes de protection. Il a également annoncé la nomination d’un nouveau président à la tête de la Banque centrale.
Les liens passés de Peña avec la banque
Santiago Peña, ancien ministre des Finances, avait détenu jusqu’en 2025 des actions dans une holding qui contrôlait Ueno Bank. Ces parts avaient été acquises avant son arrivée à la présidence, en 2023.
Mauricio Espínola a dénoncé ce qu’il considère comme un échec du gouvernement et de la direction de la Banque centrale. Le député affirme que les signes de fragilité de l’établissement étaient visibles depuis 2024 et a contesté la rapidité de sa croissance. Ces accusations sont avancées par les promoteurs de la demande de destitution.
Le dépôt a aussi été accompagné de manifestations dans le centre d’Asunción. Des pancartes réclamaient une procédure de destitution contre le président.
Source : RFI – Actualités, info, news en direct – Radio France Internationale (www.rfi.fr)
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Auteur : RFI avec AFP







