La rencontre entre James Swan, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en République démocratique du Congo, et Joseph Kabila à Goma, le mardi 3 novembre, suscite des réserves au sein du parti présidentiel congolais. Le Front pour la refondation de la nation (FRN), dirigé par l’ancien président, affirme que les échanges ont porté sur le processus de paix de Doha, le cessez-le-feu et la protection des civils.

Kinshasa demande des clarifications
À l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) de Félix Tshisekedi, la portée politique de cette rencontre est jugée importante. Christian Lumu Lukusa, vice-président de la ligue des jeunes du parti, estime que la MONUSCO peut contribuer au suivi du cessez-le-feu, mais appelle à davantage de cohérence dans son action diplomatique.
Il demande à la mission des Nations unies de préciser l’objectif de l’échange avec Joseph Kabila. Selon lui, cette rencontre soulève des préoccupations diplomatiques, au regard notamment de la résolution 2773 du Conseil de sécurité. Ces propos reflètent la position d’un responsable de l’UDPS.
Un signal politique autour du FRN
D’après la déclaration du FRN, James Swan et Joseph Kabila ont abordé le processus de paix de Doha, la situation sécuritaire et humanitaire dans l’est du pays, le mandat de la MONUSCO et la protection des civils.
Philippe-Doudou Kaganda, directeur scientifique d’un centre de recherche sur les conflits et la paix dans la région des Grands Lacs, voit dans cette rencontre une possible reconnaissance symbolique du FRN comme interlocuteur du processus de paix. Il avance que les discussions ont pu porter sur le retour à la paix et la surveillance du cessez-le-feu, sans présenter ces sujets comme un compte rendu confirmé des échanges.
Des engagements de Doha encore peu appliqués
Le débat intervient alors que la mise en œuvre du processus de Doha reste limitée. Selon un rapport récent du Baromètre des accords de paix en Afrique, 18,6 % des engagements pris dans ce cadre ont été appliqués.
Roger-Claude Liwanga, co-initiateur du baromètre, appelle à ce que les consultations débouchent sur des résultats concrets : l’arrêt des hostilités, la protection des civils et le rétablissement de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC. Il estime que la rencontre de Goma pourrait contribuer à une solution durable si elle aide à mieux cerner les positions des différents acteurs.
Au moment de la visite, les affrontements entre les rebelles du FRN et les forces armées congolaises se poursuivaient dans plusieurs secteurs de l’est du pays.
Source : DW-WORLD´s French Homepage (www.dw.com)
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