Le procès des parents d’Inass Touloub s’est ouvert le 2 novembre 2026 devant la cour d’assises de Blois, près de quarante ans après la découverte du corps de la fillette au bord de l’A10. La mère est poursuivie pour actes de torture et de barbarie ayant causé la mort ; le père, pour complicité. Tous deux comparaissent libres et encourent la réclusion criminelle à perpétuité.

Une enfant longtemps restée sans identité

Le 11 août 1987, des agents de Cofiroute chargés de l’entretien des abords de l’autoroute découvrent le corps d’une fillette à hauteur de Suèvres, dans le Loir-et-Cher. Elle est âgée de quatre ans. Vêtue d’une robe de chambre et enveloppée dans une couverture bleue, elle porte de nombreuses blessures, notamment des hématomes, des coupures et des traces de morsures humaines. L’autopsie fait état d’une longue agonie.
Les enquêteurs ne parviennent pas à retrouver sa famille. Aucun signalement de disparition ne correspond à l’enfant et les recherches restent sans résultat. Elle est enterrée à Suèvres environ un mois après sa découverte, dans une tombe sans nom ni date de naissance. En 1991, la justice prononce un non-lieu ; pendant des années, la fillette demeure inconnue.
Une correspondance ADN relance l’enquête
Le dossier connaît un tournant en 2016. À l’automne, deux hommes sont placés en garde à vue après une altercation dans un restaurant de Villers-Cotterêts, dans l’Aisne. Leurs profils génétiques sont transmis au Fichier national automatisé des empreintes génétiques. Environ six mois plus tard, l’un d’eux correspond à l’ADN de la victime. L’homme est le frère d’Inass Touloub, née à Casablanca le 3 juillet 1983.
Cette identification permet aux enquêteurs de remonter à la famille. Les parents, Ahmed Touloub et Halima El Bakhti, sont interpellés puis mis en examen. Le couple, aujourd’hui séparé, avait eu sept enfants. La famille s’était installée à Puteaux, dans les Hauts-de-Seine, au début des années 1980. Selon les éléments de l’enquête rapportés dans le dossier, Inass y aurait subi des violences répétées de la part de sa mère.
Des récits différents sur la mort d’Inass
Les parents donnent des versions divergentes des événements. Le père affirme être rentré du travail et avoir découvert sa fille morte sur une couverture, dans le salon. Selon lui, son épouse lui aurait expliqué que l’enfant était tombée dans les escaliers.
La mère, elle, situe le décès pendant un trajet en voiture vers le Maroc, où la famille devait passer des vacances. D’après son récit, le père se serait arrêté au kilomètre 135 de l’A10 et aurait déposé le corps, enveloppé dans une couverture. Ces déclarations sont au cœur d’une procédure qui doit déterminer les responsabilités de chacun.
Le procès à Blois
Après plusieurs recours des parents et du parquet de Blois contre l’ordonnance de mise en accusation, la Cour de cassation a validé les chefs d’accusation en septembre 2024, ouvrant la voie au procès. Celui-ci a commencé le 2 novembre 2026 à Blois et doit se poursuivre jusqu’au 18 novembre.
Halima El Bakhti, âgée de 72 ans, comparaît pour « actes de torture et de barbarie ayant causé la mort ». Ahmed Touloub, 74 ans, est jugé pour complicité. À ce stade, ils comparaissent libres et restent présumés innocents jusqu’à une éventuelle condamnation.
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Auteur : leJDD







