Une quinzaine de jeunes se sont rassemblés lundi 2 novembre devant la cité scolaire Saint-Exupéry, dans le 4ᵉ arrondissement de Lyon, pour bloquer l’entrée de l’établissement. La mobilisation, organisée sur les réseaux sociaux, s’inscrit dans un mouvement de contestation plus large. Les élèves présents disent vouloir être entendus et s’inquiètent de leur avenir, tandis que d’autres redoutent de perdre des cours à l’approche du bac.

Un blocage préparé avant la rentrée

Les premiers lycéens se sont retrouvés vers 8h30 dans une rue voisine, avec des poubelles récupérées dans le quartier. Selon les jeunes interrogés, les horaires de rentrée avaient été échelonnés : les élèves de Première devaient commencer à 9 heures, ceux de Terminale à 10 heures et ceux de Seconde à 11 heures. Ils estiment que cette organisation visait à éviter un attroupement devant le lycée.
Le groupe s’était coordonné en amont sur les réseaux sociaux. Une élève de 15 ans évoquait un groupe en ligne comptant environ 200 membres, dont, selon elle, une majorité ne participait pas activement aux échanges. Le lycée accueille quelque 1 400 élèves, toutes filières confondues.
Peu après, les jeunes ont transporté les poubelles jusqu’aux grilles de l’établissement et y ont ajouté quelques pancartes. Des élèves ont ensuite appelé d’autres lycéens, notamment ceux qui avaient terminé leur mobilisation au lycée Diderot, à venir les rejoindre. Ils entendaient rester sur place au moins une partie de la journée.
Des revendications et des inquiétudes différentes
Plusieurs participants disent agir par solidarité avec les élèves d’autres établissements et avec les mobilisations sociales en cours. Une lycéenne de 16 ans affirme que, dans un établissement qu’elle juge privilégié, le blocage est aussi une manière de soutenir les autres lycées. Des élèves présents disent ne pas se sentir écoutés et placent leurs préoccupations au-delà des cours : « Ce ne sont pas les cours qui nous inquiètent, c’est notre avenir. »
Le mouvement ne fait toutefois pas l’unanimité. Certains lycéens sont repartis, tandis qu’un élève de Terminale a défendu son souhait de poursuivre sa scolarité et de préparer le bac. Un autre s’inquiétait des conséquences possibles sur ses résultats et ses vœux sur Parcoursup, si le trimestre était évalué normalement. Ces craintes reflètent une tension au sein des élèves entre le soutien à la mobilisation et la volonté de ne pas être pénalisés dans leur parcours scolaire.
Quelques membres du personnel se sont également tenus à proximité. Ils ont exprimé leur soutien au mouvement et mis en cause les conditions d’apprentissage, estimant que les classes comptant plus de 35 élèves ne permettent pas d’étudier dans de bonnes conditions. Ils ont dit être présents pour prévenir d’éventuels débordements.
La police intervient, puis le groupe s’amenuise
La police est arrivée après avoir été contactée par la cheffe d’établissement. Selon une source policière citée dans le compte rendu, les agents intervenaient pour le blocage du lycée et de la circulation. Des poubelles avaient été déplacées pour gêner le passage des voitures, mais elles ont rapidement été remises en place. Les policiers sont ensuite retournés dans leur véhicule.
Les cours apparaissaient toujours comme maintenus sur Pronote, d’après les élèves. Après plus de trois heures, une vingtaine de lycéens restaient devant l’établissement, en nombre décroissant. Certains participants envisageaient de reprendre la mobilisation les jours suivants si leurs demandes n’étaient pas entendues.
À l’échelle du département, la préfecture du Rhône a recensé lundi matin des attroupements à l’entrée de seize établissements. Trois autres avaient choisi d’organiser les cours à distance.
Source : 20Minutes – Une (www.20minutes.fr)
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Auteur : Elise Martin







