La catastrophe ferroviaire d’Urda, qui a fait 69 morts et plus d’une centaine de blessés, a bouleversé la campagne des élections législatives anticipées en Espagne. Après trois jours de deuil national, le PSOE de Pedro Sánchez et le Partido Popular (PP) ont repris leurs activités le lundi 2 novembre dans un climat dominé par la sécurité du réseau et la recherche de responsabilités. Le bilan de 69 morts était toujours confirmé ce jour-là. (rtve.es)

La sécurité ferroviaire au cœur des débats

Avant le drame, les deux principaux partis défendaient des thèmes différents. Le Premier ministre mettait en avant ses réformes sociales et le logement, tandis que le PP dénonçait notamment la gestion de la crise migratoire à Ceuta et ce qu’il qualifie de corruption autour de Pedro Sánchez. Ces priorités sont désormais éclipsées par les questions sur la gestion du réseau et la sécurité des voyageurs, qui relèvent du gouvernement central.
Le chef du PP, Alberto Núñez Feijóo, reproche à Pedro Sánchez de faire porter l’attention sur un seul employé plutôt que sur le fonctionnement de l’ensemble du système ferroviaire. Le ministre des Transports, Óscar Puente, a évoqué une erreur humaine et des circonstances qu’il juge inexpliquées. Le Premier ministre a, de son côté, annoncé des aides spécifiques aux victimes et le versement anticipé d’indemnités.
Feijóo avait déjà réclamé, le mercredi 28 octobre, une révision complète et indépendante du réseau. Depuis, des médias espagnols ont mis en avant de possibles failles dans les procédures de reprise de circulation après une erreur de signalisation et une charge de travail accrue au centre de contrôle des trains à grande vitesse de Madrid-Atocha. Ces éléments alimentent le débat, mais ne constituent pas, à eux seuls, des conclusions sur les causes de l’accident.
Les demandes d’enquête indépendante et de responsabilités politiques viennent aussi de partis de gauche alliés au PSOE. Ada Colau, l’une de leurs responsables, a contesté l’idée de faire porter la responsabilité à un seul salarié lorsqu’un système est défaillant.
Le maintien d’Óscar Puente contesté
La position du ministre des Transports est devenue un enjeu de campagne. Óscar Puente occupait déjà ce poste lors de la collision d’Adamuz, en janvier, qui avait fait 46 morts. Il est également tête de liste du PSOE dans la province de Valladolid.
Quatre formations — le PP, Vox et les partis indépendantistes Junts et PNV — réclament sa démission. Pedro Sánchez le maintient dans ses fonctions. Au sein du PSOE, certains responsables estiment toutefois que sa présence complique la campagne. Un grand rassemblement du chef du PP est annoncé à Valladolid samedi, dans une semaine qui pourrait accentuer les tensions autour du ministre.
La période de deuil a aussi ravivé les critiques contre Vox. Le parti n’a pas suspendu ses meetings, contrairement aux autres formations, et son chef, Santiago Abascal, a continué à dénoncer l’immigration. Il a justifié ce choix en affirmant que son mouvement était lui aussi en deuil, mais ne se tairait pas.
Un premier sondage défavorable au PSOE
Le premier sondage publié après la catastrophe donne 31 % des intentions de vote au PP, contre moins de 25 % au PSOE, selon les chiffres rapportés par El Mundo. Cette enquête intervient alors que les précédents sondages étaient déjà défavorables aux socialistes, même si leur situation s’améliorait progressivement.
Le PP est également marqué par la mort de Fátima Báñez, ancienne ministre de l’Emploi et de la Sécurité sociale sous Mariano Rajoy, dont le parti souligne la popularité. Entre le deuil, les interrogations sur le rail et les appels à la démission d’Óscar Puente, les thèmes et le ton de la campagne ont ainsi profondément changé à moins d’un mois du scrutin.
Source : Le HuffPost : actualités et infos décalées en continu, en France et dans le monde (www.huffingtonpost.fr)
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Auteur : Lola Uguen







