La pétition réclamant le retrait de CNews de la TNT et la fermeture de la chaîne a dépassé les 500 000 signatures, seuil qui ouvre la possibilité d’un débat à l’Assemblée nationale. Ouest-France rapportait 537 000 signatures le lundi 2 novembre 2026 à 14 h 30, puis 566 800 à 16 h 30. Le franchissement de ce seuil ne garantit toutefois pas la tenue d’un débat dans l’hémicycle.

Une mobilisation qui s’est accélérée fin octobre

Déposée le 10 juin sur la plateforme des pétitions de l’Assemblée nationale, l’initiative est restée discrète plusieurs mois. Selon les éléments rapportés par Ouest-France, elle a dépassé les 100 000 signatures entre les 27 et 28 octobre, puis les 300 000 le samedi 31 octobre. Sa progression s’est accélérée après une plus forte diffusion sur des comptes de réseaux sociaux opposés à l’extrême droite.
Cette montée en puissance intervient après l’attaque raciste de Trappes et de La Verrière, dans les Yvelines, le 23 octobre. L’événement, qui a fait un mort et quatre blessés, a ravivé les critiques de responsables politiques contre le traitement médiatique de l’extrême droite. La pétition existait cependant depuis juin : l’attaque a contribué à la remettre en lumière, sans en être à l’origine.
Les griefs avancés par les signataires
Intitulée « Supprimer CNews de l’audiovisuel français », la pétition accuse la chaîne du groupe Canal+ de fonctionner comme une « machine de propagande ». Son auteur, Lucas Massoni, y dénonce notamment des propos qu’il estime racistes, des moqueries visant les origines d’Aya Nakamura et de Rima Hassan, ainsi que des appels à la déchéance de nationalité contre une élue.
Le texte critique aussi l’efficacité des rappels à l’ordre, mises en demeure et amendes prononcés par l’Arcom, le régulateur de l’audiovisuel. Il affirme que CNews cumule, depuis 2019, 27 rappels à l’ordre et 630 000 euros d’amendes. Ces chiffres et accusations sont ceux avancés par la pétition.
En juin, l’Arcom avait mis la chaîne en demeure de corriger ce qu’elle qualifiait de « déséquilibre manifeste et durable » dans la représentation des courants de pensée et d’opinion, notamment autour de l’immigration et de l’islam. La pétition y voit un motif supplémentaire de contester le maintien de CNews sur la TNT.
Des réactions politiques et médiatiques opposées
Après l’attaque dans les Yvelines, plusieurs élus de gauche ont appelé à durcir la réponse aux propos racistes dans les médias. Le député insoumis Thomas Portes a présenté la fermeture de CNews comme une priorité. Les députés écologistes Benjamin Lucas-Lundy et Léa Balage El Mariky ont, eux, demandé le retrait des accréditations des médias du groupe Bolloré à l’Assemblée nationale.
Les responsables de CNews, sollicités par l’AFP, ont refusé de commenter la pétition, qu’ils ont qualifiée de politique. La chaîne défend la liberté d’expression et conteste les accusations de promouvoir des idées d’extrême droite. Elle a également mis en avant ses résultats d’audience : selon les chiffres de Médiamétrie cités par Ouest-France, elle était à égalité avec BFMTV en octobre, avec 3,6 % de part d’audience.
La chaîne a par ailleurs dénoncé les agressions visant des journalistes sur le terrain. Laurence Ferrari a évoqué des menaces et des violences contre les équipes, tandis que Pascal Praud a défendu la possibilité de débattre d’immigration et d’islam sans être accusé de racisme.
Le seuil atteint ne rend pas le débat automatique
À l’Assemblée nationale, une commission doit d’abord décider d’examiner la pétition ou de la classer. Si elle l’examine, elle peut élaborer un rapport. La Conférence des présidents peut ensuite décider d’organiser un débat en séance publique : le dépassement des 500 000 signatures ne suffit donc pas, à lui seul, à déclencher cette étape.
La députée écologiste Sophie Taillé-Polian a annoncé avoir demandé en urgence une réunion du bureau de la commission des Affaires culturelles et de l’Éducation afin que la pétition puisse être examinée. La suite dépendra des décisions prises par les instances parlementaires.
Source : Ouest France.fr – L'actualité en direct, en continu et en images (programmetv.ouest-france.fr)
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