L’enquête sur l’attaque armée qui a fait un mort et sept blessés à Trappes et La Verrière précise le mobile attribué à Kévin T. Selon le procureur antiterroriste Olivier Christen, le suspect a reconnu avoir ciblé des personnes qu’il percevait comme musulmanes ou africaines. Les enquêteurs cherchent encore à comprendre son parcours et les ressorts de son passage à l’acte.

Des victimes choisies selon leur apparence

Lors d’une conférence de presse jeudi 29 octobre, Olivier Christen a présenté les premiers éléments recueillis au cours de l’enquête. D’abord, pendant sa garde à vue, Kévin T. a contesté le caractère raciste des faits, tout en affirmant avoir agi en représailles des émeutes du 17 octobre. Il a ensuite reconnu avoir visé des personnes « de type musulman ou africain », selon le procureur.
Le suspect aurait également expliqué avoir choisi ce secteur parce qu’il le considérait comme un « repaire d’islamistes ». Il est poursuivi pour assassinat et tentatives d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance que les victimes auraient été ciblées en raison de leur appartenance réelle ou supposée à une race, une ethnie, une nation ou une religion.
Des objets et des autocollants saisis au domicile
La perquisition chez Kévin T. a permis de découvrir des armes ou des éléments d’armes, deux poings américains, une baïonnette en acier et un silencieux, d’après le parquet. Les enquêteurs ont également trouvé plusieurs ouvrages, dont un Coran, une Bible et Mein Kampf, ainsi que des autocollants aux mentions nationalistes et de soutien aux forces de l’ordre.
Kévin T. affirme n’être adhérent ni sympathisant d’aucun parti politique. Il dit avoir lui-même dessiné et commandé les autocollants. À propos de photographies où il apparaît lors d’un rassemblement propalestinien en 2018, il a déclaré avoir infiltré des militants de gauche.
Consommation de stupéfiants et examens psychiatriques
Selon Olivier Christen, Kévin T. était sous l’emprise du cannabis et de la cocaïne au moment de l’attaque. Le procureur a également indiqué qu’il consommerait régulièrement des stupéfiants depuis l’âge de 13 ans.
Le suspect a déclaré suivre un traitement pour schizophrénie. Toutefois, les examens psychiatriques rapportés par le parquet n’ont relevé ni décompensation aiguë ni signe d’activité hallucinatoire ou délirante.
Les investigations se poursuivent
Originaire des Yvelines, Kévin T. a été condamné à plusieurs reprises par le passé, mais n’était pas connu des services de renseignement, selon les éléments présentés par le procureur. Ouvrier dans le secteur automobile, il est décrit par des connaissances comme discret et très isolé affectivement.
Le mobile raciste se dessine au fil des auditions et des constatations, mais les circonstances de sa radicalisation restent à éclaircir. Plus de 200 enquêteurs sont mobilisés pour poursuivre les investigations.
Source : Toute l'actualité du Journal du dimanche (www.lejdd.fr)
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Auteur : Lucas Planavergne







